Intel, Commerzbank et la Bourse polonaise

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Au-delà de nos sélections de valeurs (Favorites et Opportunités), quelles valeurs ont fait parler d’elles cette semaine ? Nos avis ne constituent pas un conseil d’achat ou de vente, sauf mention du contraire

L'Etat américain entre au capital d'Intel

Chargé de redresser l’ex-géant des microprocesseurs Intel, Lip-Bu Ta, le directeur général du groupe, a validé l’entrée de l’Etat américain au capital de l’entreprise, avec une décote de 17,5% par rapport au cours actuel.

Concrètement, les Etats-Unis vont ainsi détenir une participation de 9,9%, laquelle sera financée par des subventions précédemment accordées mais non intégralement versées dans le cadre de la loi CHIPS and Science Act et du programme Secure Enclave.

L’Etat américain ne sera pas représenté au conseil d’administration, mais il détiendra un bon de souscription d’une durée de cinq ans permettant d’acquérir 5% du capital au prix de 20 $ par action si Intel cessait de détenir la majorité de son activité de fonderie.

Comme l’a fait l’administration Obama en 2008 pour General Motors, l’Amérique de Trump prend des libertés avec les principes du capitalisme. Mais contrairement à ce qui se fait en France, l’Etat américain ne compte pas dicter sa stratégie au groupe. Ce qui laisse une chance au redressement…

Commerzbank : vers un rachat hostile par Unicredit ?

UniCredit a porté sa participation directe dans la deuxième plus grande banque privée d’Allemagne à environ 26%. L’établissement milanais a par ailleurs indiqué avoir l’intention de convertir plusieurs instruments financiers en actions Commerzbank, ce qui lui permettrait de porter sa part au capital à environ 29%, soit juste sous le seuil des 30% à partir duquel il serait contraint de lancer une Offre publique d’achat (OPA) sur son concurrent.

Pour l’heure, la direction d’UniCredit ne sollicite pas de siège au conseil de surveillance de Commerzbank. Mais la pression s’accroît sur ce dernier.

L’Etat allemand, qui détient 12% de son capital, a pour sa part pris acte de l’annonce d’UniCredit tout, en rejetant une nouvelle fois « une approche non concertée et peu amicale ».

Il n’y a guère de doute sur les intentions de la banque italienne qui souhaite prendre le contrôle de Commerzbank. Une telle opération aurait d’importantes implications au niveau européen. Elle devrait logiquement lancer un mouvement de concentration… qui se fait attendre depuis au moins 15 ans.

Pologne : le gouvernement fait chuter la Bourse

A contre-courant des autres places financières, la Bourse polonaise a lourdement chuté la semaine passée (-4%).

La raison de cette contre-performance ? Varsovie envisage de relever l’Impôt sur les sociétés (IS) appliqué aux banques à 30% en 2026, contre 19% actuellement.

Selon lui, il s’agit de trouver de nouvelles recettes pour financer la prochaine hausse des dépenses de défense.

D’après certaines estimations d’analystes, les profits des établissements polonais devraient dès lors reculer de -16% en 2026, de -9% en 2027 et de -3% en 2028. Or, quatre des 10 premières capitalisations de la Bourse de Varsovie ne sont autres que des banques. L’impact négatif sur la valorisation du WIG30 est on ne peut plus logique…

A l’est comme au nord, au sud ou à l’ouest, les solutions budgétaires (simplistes) des gouvernements demeurent donc plus ou moins les mêmes. Dans un pays en forte croissance comme la Pologne, gourmand en prêts, il est toutefois risqué de s’attaquer aussi lourdement à ceux qui les accordent.

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