Comment investir en Bourse sur le nucléaire ?

Le nucléaire est à nouveau plébiscité en Bourse.

Voici encore trois ans, l’énergie nucléaire n’avait pas le vent en poupe. L’accident de Fuskushima (2011) était en effet passé par là, conduisant notamment l’Allemagne à fermer toutes ses centrales. Une décision radicale qui n’a pas été suivie par d’autres pays, mais qui a tout de même été accompagnée par une baisse des programmes d’investissements dans plusieurs régions. Pourtant, la production mondiale d’énergie nucléaire devrait atteindre un niveau record en 2025, selon le rapport Electricity 2024 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Car l’atome, après avoir été honni, fait désormais son grand retour. Comment investir sur le nucléaire ?

Géopolitique, numérique et CO2

La guerre en Ukraine a en effet rappelé à tous que l’énergie était une ressource stratégique et vitale. Aucun pays ne peut se permettre d’être dépendant dans ce domaine. Chacun doit s’assurer de disposer d’un approvisionnement fiable et/ou diversifié. Dans un environnement géopolitique en plein chamboulement, marqué par des tensions inédites depuis 70 ans, se passer du nucléaire comme source d’énergie est ainsi devenu, depuis trois ans, un luxe qu’aucun pays ne peut se permettre. Ce constat est d’autant plus évident que la numérisation de l’économie mondiale, qui connaît une accélération historique avec l’avènement de l’Intelligence artificielle (IA), alimente dans le même temps la consommation et les besoins pour un approvisionnement électrique fiable (en grossissant le trait, disons qu’un centre de données ne peut se permettre d’être arrêté en cas d’absence de vent…). Enfin, face aux difficultés rencontrées pour réduire les émissions de C02, le nucléaire est redevenu une évidence. Comme les énergies renouvelables, le nucléaire ne produit pas d’émissions directes de carbone ou de gaz à effet de serre. Toutefois, il nécessite moins de matériaux, ce qui réduit également les émissions indirectes de carbone.

Une nouvelle dynamique

Concrètement, le nucléaire est donc de nouveau perçu comme une solution d’avenir. Aux États-Unis, la loi Advance Act, récemment votée, vise à soutenir le développement de nouvelles technologies dans ce domaine. Les petits réacteurs modulaires (SMR) constituent à cet égard une priorité. En Inde, le gouvernement a décidé d’ouvrir l’industrie de l’atome au secteur privé. En Chine, depuis 2022, les autorités donnent leur feu vert à la construction de plus de 10 réacteurs par an. Au Canada, en France ou encore au Royaume-Uni, le nucléaire bénéficie à nouveau d’investissements de développement. Au-delà des Etats, les géants américains de la technologie, comme Alphabet, Microsoft, Meta ou Amazon, investissent également pour se doter de SMR.

Cours de l'ETF VanEck Uranium and Nuclear Technologies
Graphique du cours de l'ETF VanEck Uranium and Nuclear Technologies
Les 10 principales lignes de l'ETF VanEck Uranium and Nuclear Technologies
Caractéristiques de l'ETF VanEck Uranium and Nuclear Technologies

De nouvelles entreprises aux Etats-Unis

Dans cet environnement, il est tentant d’investir sur le nucléaire. Mais comment s’y prendre ? Il nous semble plus opportun de se positionner sur les groupes qui développent et fabriquent des composants et des centrales nucléaires plutôt que sur les producteurs d’énergie nucléaire. Par le passé, nous avons d’ailleurs investi avec succès sur Assystem, seul véritable spécialiste de l’ingénierie nucléaire en Europe (voir PU # 2936 / page 4). Avec l’essor de la demande, notamment de la part de groupes privés américains, un éco-système est toutefois en train de voir le jour outre-Atlantique. Des sociétés comme Oklo ou Nuscale Power ne réalisent certes pas encore de chiffre d’affaires, mais elles travaillent sur leur version d’un SMR et ont déjà signé plusieurs contrats.

Asie et uranium

Parallèlement, l’Asie constitue la région la plus dynamique en termes de développement du nucléaire. Les groupes japonais, omniprésents, ne peuvent pas être ignorés. Enfin, lorsqu’on évoque le nucléaire, il faut évidemment se tourner vers l’uranium, sans qui rien ne fonctionne. Le n° 1 mondial est le canadien Cameco, mais il faut aussi compter avec l’américain Uranium Energy ou l’australien Paladin Energy.  Rappelons à cet égard qu’en raison d’une baisse des prix continue entre 2007 et 2020, le marché de l’uranium a souffert d’un manque d’investissements dans la prospection et la production, ce qui s’est traduit par un déficit d’offre. D’ici 2028, celle-ci devrait augmenter de +24% grâce au redémarrage des projets miniers. Mais la demande risque de progresser encore plus vite (+28% d’ici 2030, selon la World Nuclear Association).

Le retour du nucléaire constitue une tendance de fond. Au sein des Opportunités (risque élevée), nous décidons d’investir sur le nucléaire via l’ETF VanEck Uranium and Nuclear Technologies (IE000M7V94E1 / NUCL / Paris, Francfort, Londres ou Tradegate / non-PEA), lequel offre une composition diversifiée, tant sur le plan géographique, qu’en termes de métiers ou de tailles d’entreprises. Il s’agit d’un investissement de long terme, mais assez volatil. Nous ne fixons pas d’ordre stop sur cette ligne qui pourra être renforcée en cas de repli. Attention : tous les intermédiaires ne proposent pas ce produit (Boursorama, par exemple, est une fois encore absent d’un ETF émis par un concurrent de la Société Générale) et il n’existe pas de support de substitution.

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