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Un point sur les émergents (rédigé le 28/07/2010) (rédigé le 28/07/2010)

(28/07/2010) A l’heure où les investisseurs s’interrogent sur la robustesse de l’activité économique aux Etats-Unis et en Europe (le scénario d’un double creux est ainsi envisagé, voir PU n° 2429, page 6), les regards se tournent vers les pays émergents, considérés comme des îlots de croissance durable. Pour autant et comme nous l’avons dernièrement souligné (voir PU n° 2425, page 11), les pays regroupés sous l’acronyme BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) connaissent également quelques difficultés. Selon nous d’ailleurs, les risques qui pèsent sur la Chine sont consciencieusement sous-estimés par les analystes qui veulent voir dans ce pays un soutien indéfectible à la croissance mondiale. Plus globalement, les restrictions dans l’accès au crédit devraient conduire à un ralentissement de l’activité dans les pays de la zone émergente, lesquels rencontrent par ailleurs des difficultés structurelles qu’il convient de ne pas passer sous silence. Voilà qui donne un relief particulier à notre rubrique récurrente.


La Chine voit sa croissance ralentir

 

Alors que le Produit intérieur brut (PIB) progressait dernièrement de près de 11 % en rythme annualisé, laissant craindre que la situation devienne incontrôlable,

les chiffres publiés par le Bureau national des statistiques (BNS) au titre du 2ème trimestre font état d’un ralentissement significatif. Ainsi, l’activité s’est assagie sur la période, le PIB enregistrant une hausse « limitée » à 10,3 %. Les autorités chinoises se sont accordé un véritable satisfecit, estimant que les mesures législatives adoptées récemment et destinées à éviter l’implosion de la bulle immobilière expliquent cette accalmie jugée salutaire. Selon le BNS, l’atterrissage brutal de l’économie chinoise est à exclure. L’inflation reste quant à elle sous contrôle, selon les chiffres officiels, puisqu’elle ressort à 2,9 % en juin et sur un an, contre 3,1 % le mois précédent. Ces chiffres sont susceptibles d’éviter – ou de contenir – la grogne sociale tant redoutée par Pékin. Reste que ces données doivent être considérées avec toutes les réserves habituelles : n’oublions pas, en effet, que l’économie chinoise est chapeauté par le Parti communiste chinois et que le concept même de planification doit nous inciter à une certaine suspicion. à ce sujet d’ailleurs, c’est avec finalement bien peu d’étonnement que nous avons pris connaissance des conclusions d’une étude récemment publiée par l’agence de notation Fitch. Selon cette dernière, toutes les grandes banques chinoises auraient ces derniers mois truqué leurs comptes afin de dissimuler aux yeux des autorités centrales une nouvelle envolée des crédits. L’écart entre la réalité, telle que la soupçonne Fitch, et les chiffres officiels fait ainsi état d’une divergence portant sur 28 %... Pire encore, ces crédits auraient été titrisés, comme à la « grande époque » des « subprimes » américains... Un retournement, même léger, du marché de la pierre risquerait d’avoir des conséquences désastreuses, tant d’un point de vue économique que sociétal... Voilà un risque (supplémentaire) à ne pas négliger et qui doit vous inciter à la plus grande prudence. Le « risque chinois » semble d’ailleurs devoir être – enfin – pris en compte à en juger par l’évolution de l’indice Shanghaï Composite : depuis le début de l’année, celui-ci s’inscrit en baisse de 15 % (variation corrigée des changes).

 

L’inflation s’accélère en Inde

 

Réduire le déficit et combattre l’inflation : c’est là le double défi auquel sont confrontées les autorités indiennes. En abaissant les subventions au secteur de l’énergie qui permettaient un accès plus facile à l’essence, New Delhi a provoqué le mécontent ement de la po pulation. Mais face à un déficit public en très f orte augmentation et qui représente 6,9 % du PIB, le gouvernement n’avait, semble-t-il, guère le choix. Dans le même temps, la banque centrale, en charge de la lutte contre l’inflation, a récemment augmenté son principal taux directeur de 25 pts de base. Il s’agit en l’espèce du second durcissement des conditions d’accès au crédit depuis février dernier. Le sujet est d’importance puisque la hausse des prix dépasse les 9 % depuis plusieurs mois. La dichotomie entre le pouvoir politique qui provoque de l’inflation en tentant de réguler ses déficits et le pouvoir économique qui cherche à minimiser la valse des étiquettes rend la situation indienne pour le moins délicate. Et ce alors que le taux de croissance n’indique pour l’heure qu’un « timide » 8,6 % pour le 1er trimestre 2010, loin des 10 % prévus par les autorités.

 

Le Brésil menacé de surchauffe

 

Alors que les effets de la crise financière et économique avaient ramené la croissance du Brésil à zéro, le redressement de l’activité a été particulièrement percutant (hausse du PIB de 9 % au 1er trimestre). Si le taux de chômage est aujourd'hui revenu à des niveaux particulièrement bas (7 % de la population active selon les dernières données publiées) et que la reprise des investissements et de l’industrie est validée depuis plusieurs mois, l’euphorie n’est pas pour autant de mise. L’économie du pays risque déjà la surchauffe, à en juger par les avis de plusieurs analystes qui tablent sur un record historique de croissance cette année.

Ici également, le scénario de l’atterrissage en douceur est privilégié par le pouvoir politique (mais comment pourrait-il en être autrement ?). Reste qu’entre le désir et la réalité, il y a souvent un fossé. Dès lors, la banque centrale poursuit ses relèvements de taux destinés à ralentir la croissance et juguler l’inflation. Une décision difficile, a fortiori en pleine campagne électorale.

 

A croire que les économies émergentes peuvent croître sans interruption notable ou ajustement même passager, un certain nombre d’investisseurs commettent une erreur que l’on qualifiera de grossière. Ainsi, vous veillerez à réduire fortement la part de ces pays dans votre allocation d’actifs, si ce n’est déjà fait comme nous vous le préconisions il y a déjà plusieurs mois.

 

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