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L'attentisme domine (rédigé le 13/11/2012)

La réélection de Barack Obama a donné le signal de la baisse. Si le scénario d’un long et fastidieux recomptage des voix a fort heureusement été évité compte tenu de la franche victoire du candidat démocrate, cette dernière n’a guère enthousiasmé les intervenants qui accueillent d’un mauvais œil son programme mêlant interventionnisme, fiscalisation et redistribution. Face à de telles ambitions, les marchés s’inquiètent logiquement, estimant qu’un accord au Congrès entre républicains et démocrates à même d’éviter la « falaise fiscale » (voir PU n° 2539, page 4) sera sur cette base plus difficile à obtenir. Le Président américain a toutefois tenu à préciser qu’il était ouvert à quelques aménagements en ce qui concerne son programme économique. Fraîchement élu, celui-ci avait d’ailleurs indiqué vouloir travailler avec son concurrent défait. S’agissait-il là d’une simple posture ? Les marchés s’interrogent, et nous avec. Et de nous souvenir du mélodrame qui s’était joué durant l’été 2011 au sujet du rehaussement du plafond de la dette américaine.

 

Pour mémoire, les marchés avaient sombré, l’accord a minima entre les forces en présence n’ayant conduit qu’à un report des décisions à la fin décembre 2012. Nous y sommes donc désormais. C’est fort logiquement que les initiatives ont été limitées sur les marchés, comme en atteste l’évolution du sentiment des investisseurs calculé par All American Investors : la part des indécis (neutre) est ainsi prépondérante face aux acheteurs et vendeurs. Il va sans dire qu’un accord rapide sur le budget constituerait un élément très positif pour les marchés. Alors que de nombreuses entreprises américaines ont réduit leurs investissements dans le cadre d’une démarche attentiste, une issue positive sur ce point permettrait de relancer l’activité. Voilà qui viendrait par ailleurs accompagner le retour à de meilleures dispositions de l’économie américaine alors que nombre d’indicateurs statistiques se reprennent (hausse des prix de l’immobilier et du nombre de créations d’emplois, amélioration de la confiance des consommateurs, etc.). L’importance des jours qui viennent est donc à cet égard cruciale, comme en atteste le repli observé par les indices américains depuis une semaine.

 

De ce côté-ci de l’Atlantique, le climat reste là encore tendu et peu propice à une plus grande appétence pour le risque. L’Espagne rechigne visiblement à demander de l’aide à la vue des dernières déclarations de ses dirigeants. De l’avis des spécialistes toutefois, Madrid ne sera pas en mesure de s’y soustraire : les tergiversations actuelles ne pourront décemment s’inscrire dans la durée alors que ces dernières pèsent sur les indices et l’activité. Parallèlement, la Grèce constitue encore et toujours un foyer d’incertitudes. Malgré quelques avancées sur ce dossier, les bailleurs de fonds du pays semblent moins disposés que par le passé à régler son ardoise. Il est vrai, et à en juger par les grandes masses statistiques, qu’aucune amélioration notable n’est à noter pour ce qui relève de la situation économique du pays (hausse de l’endettement, poursuite de la récession). Une sortie de la Grèce de l’Union monétaire reste le scénario le plus probable, avec une dévaluation de la drachme qui serait auparavant réintroduite. Mais nous n’en sommes pas encore là et ce dossier risque d’empoisonner les marchés pendant encore de longs mois.

 

Des avancées sur les fronts espagnol et grec permettraient toutefois aux marchés de revenir à de meilleures dispositions. Et ce d’autant que selon les statistiques établies par EPFR et Bank of America Merrill Lynch, les flux de capitaux en direction des actions européennes se sont accrus. Ce mouvement initié, toute bonne nouvelle conduirait à un retour de la hausse. Selon le sondage réalisé par la banque américaine auprès des gérants de portefeuilles, la surpondération des actions européennes est passé de 1 % en septembre à 10 % en octobre, du jamais vu depuis près de vingt mois.

 

Voilà qui est encourageant alors que dans le même temps, les grands fonds ont augmenté leur exposition sur les banques de la zone euro après en être sortis en masse entre 2011 et 2012. Cette réallocation constitue un soutien pour les marchés européens, même si ces derniers restent inscrits dans une phase de transition qu’il conviendra d’exploiter.

 

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