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Obligations : attention à la dette et l'inflation (rédigé le 25/01/2017)

Le marché obligataire va-t-il connaître un retournement historique en 2017 ? Cette question taraude les investisseurs tant elle a des implications profondes pour l’économie mais aussi pour l’ensemble des placements financiers. Si l’on se réfère au rendement des obligations souveraines à 10 ans, les taux d’intérêt affichent une tendance baissière depuis maintenant 30 ans. Ce qui signifie que les prix des obligations sont inscrits dans un cycle « haussier » d’une longueur équivalente (ndlr : lorsque les investisseurs poussent le prix d’une obligation à taux fixe à la hausse, son rendement évolue mécaniquement en sens inverse). Depuis quelques mois, la demande pour les emprunts d’état se fait toutefois moins marquée, ce qui conduit à une remontée des taux d’intérêt aux Etats-Unis ainsi qu’en Europe. Est-ce donc durable ?

 

Un débat sur les niveaux de croissance et d’inflation

 

Ceux qui croient à un retournement « baissier » du marché obligataire, et donc à une remontée des taux d’intérêt, mettent en avant le léger regain de croissance constatée sur les deux rives de l’Atlantique et la récente remontée des indices de prix dans le sillage des cours du pétrole et des matières premières. Surtout, ils pointent du doigt la politique économique de Donald Trump. Celui-ci a notamment dit vouloir déréguler l’économie américaine, opérer des baisses massives d’impôts et lancer un programme de grands projets d’infrastructures à hauteur de 500 Mds $. Ces mesures, qui demandent à être détaillées, vont-elles soutenir la croissance et l’inflation, ce qui conduirait inévitablement à une hausse des taux d’intérêt ? Non, affirment ceux pour qui les structures mêmes de l’économie rendent impossible une remontée des rendements. Le potentiel de croissance est « capé » par une trop faible productivité liée au manque d’innovation mais aussi par le vieillissement de la population, affirment-ils. Avant de conclure que cet environnement, fait d’un excédent d’épargne et d’un manque d’investissement, ne peut logiquement déboucher sur une remontée des taux d’intérêt. 

 

L’inflation et la dette suffiraient à déstabiliser l’obligataire

 

Suffit-il de déterminer le potentiel de croissance pour anticiper l’orientation du marché obligataire ? Nous ne le pensons pas. Le marché semble croire que croissance et inflation évolueront conjointement. Au regard de l’évolution des politiques économiques mises en avant aux Etats-Unis et en Europe, nous identifions une autre piste : une remontée contrainte des taux, sans regain de croissance. De l’autre côté de l’Atlantique, le nouveau Président veut croire qu’il sera capable d’user du protectionnisme dans l’intérêt de l’Amérique. Cela ne fonctionnera pas. Le renchérissement des coûts de production devrait en revanche alimenter l’inflation. Dans le même temps, la Maison blanche et le Congrès s’apprêtent à laisser filer le déficit, ce qui va, comme le souligne le gérant obligataire Bill Gross, venir « alimenter une crise globale de la dette sur le long terme ». Malheureusement, il y a fort à craindre que l’Europe finisse par imiter l’Amérique, notamment sous la menace d’une montée du populisme. Plus d’inflation et plus de dette sans effet sur la croissance ? Voilà un cocktail de stagflation qui suffirait à provoquer une remontée durable des taux.

 

Le gonflement de la dette, consécutif au dérapage budgétaire annoncé ainsi que la remontée des prix, liée au protectionnisme, vont alimenter un retournement du marché obligataire. La faiblesse des rendements des fonds en euros de vos assurances-vie deviendra plus criante encore. Pour accompagner le mouvement, vous pouvez acquérir (conseil réservé à nos abonnés).

 

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