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Un manque d'entrain certain (rédigé le 21/05/2014)

Les investisseurs ont chaussé leurs lunettes roses. Etonnamment, cette couleur perturbe la perception. Certes, les indices américains, comme le Dow Jones et le S&P 500, inscrivent des records annuels, point après point, tandis que le CAC 40, sur les 4500 pts, a repris près de 67 % depuis le niveau plancher atteint durant l’été 2011. Mais sur un espace de temps d’environ six mois, la performance de ces indices n’est pas aussi clairement «haussière». Loin s’en faut. Une langueur certaine est perceptible sur les marchés à mesure que les interrogations font surface et que le consensus particulièrement optimiste qui prévalait en ce début d’année, est mis à mal, pièce après pièce. Quelques analystes en mal de notoriété y vont pourtant de leur étude hallucinée et hallucinante à l’occasion de laquelle ils en arrivent – seuls contre tous – à louer les mesures économiques prises par le Président Hollande et envisagent de fait un indice parisien à 7 000 pts fin 2016. Tout ce qui est excessif est insignifiant. Mais voilà qui leur a assuré une belle notoriété, pendant quelques heures... 

 

Dans les faits donc, l’année 2014 a démarré en douceur tant du point de vue des grands agrégats économiques (PIB, chômage, etc.) que des résultats trimestriels des entreprises (les données du 1er trimestre n’ont ainsi guère provoqué de remous). Pourtant, dans un cas comme dans l’autre, les attentes étaient initialement élevées. Celles-ci ont été révisées en baisse jour après jour pour un résultat final qui peut évidemment dépasser le consensus mais n’apporte rien en termes d’information. C’est ainsi que faute de carburant, les volumes manquent à l’appel depuis maintenant plusieurs semaines, ce qui peut expliquer en partie le niveau anormalement bas de « l’indice de la peur » (VIX) qui mesure la volatilité. Certains artifices sont à noter et permettent d’ailleurs de lisser l’évolution des indices, lesquels ne sont dans les faits qu’une sorte de moyenne. Ainsi, la rotation sectorielle a permis de maintenir l’illusion d’une progression – même anémique – des marchés. Nous connaissons cette manière de faire : les investisseurs, sans idée hormis celle qui prédispose à l’optimisme, s’intéressent aux secteurs délaissés jusque-là, faisant progresser les titres qui les composent.

 

Et qu’importe les fondamentaux : «ce qui n’a pas encore monté, montera». Comment faire plus indigent ? Le retour remarqué des fusions et acquisitions permettait également de redonner un peu d’allant à une Bourse qui en manquait. Pas un jour ne se passe depuis maintenant plusieurs semaines sans qu’une opération de rachat d’envergure ne soit annoncée. Les cibles voient leur cours converger vers le prix offert tandis que « par sympathie », le secteur dans son ensemble est orienté à la hausse. Nous avons ainsi vu cela récemment avec la pharmacie ou les télécoms. Mais quid de la création de valeur ?

 

Tel n’est visiblement pas le sujet, ici. Pendant ce temps, les regards se détournent des réalités qui inquiètent. Nous n’y reviendrons pas en détail : vous connaissez les raisons de nos interrogations à nous lire semaine après semaine. Et pourtant, pour peu que l’on regarde plus loin que les moyennes forcément imparfaites des indices, il n’est pas rare de constater que certains titres ont, en quelques semaines seulement, perdu entre 15 % et 20 % de leur valeur. Ceux-ci ne sont pas à rechercher pour autant parmi les sociétés «d’hypercroissance» qui furent portées aux nues et témoignent des excès de certains investisseurs, décidément incorrigibles. Les marchés commencent véritablement à s’inquiéter de la situation économique. La crainte, pour ceux qui se sont récemment portés à l’achat, est que cette défiance ne s’inscrive désormais dans un cadre plus global et n’entraîne une correction marquée des indices. C’est dès lors avec une certaine – mauvaise – habitude que ceux-ci iront chercher le soutien nécessaire auprès de la Réserve fédérale et de la Banque centrale européenne (BCE). La première réduit actuellement son implication et se trouve presque prise au piège (voir PU n° 2613, page 3). Quant à la seconde, ses actions, prévues pour juin prochain, sont désormais «dans» les cours. La récréation pourrait toucher à sa fin, estiment certains stratèges. Nous ne sommes pas loin de le croire, comme vous pouvez l’imaginer.

 

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