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Groupes publics : toujours à éviter... (rédigé le 04/12/2012)

Au mois de mai (voir PU n° 2519), nous avons modifié notre stratégie de manière approfondie. Dans un contexte marqué par une complexité sans égal, il nous incombait de revenir sur certains critères de sélection pour ce qui est de nos valeurs en portefeuille et pistes d’investissement. Parmi celles-ci, nous attirions votre attention sur le danger de posséder des actions d’entreprises où l’Etat était décisionnaire en termes de stratégie tarifaire ou industrielle. A en juger par le parcours boursier de France Télécom, GDF Suez et EDF, trois actions sur lesquelles vous nous interrogez encore régulièrement et le plus souvent, notre stratégie est validée. Voici donc une piqûre de rappel.

 

Une stratégie de schizophrène

 

Sur 2012, le CAC 40 affiche actuellement un gain de 13,25 %. France Télécom cède dans le même temps 32,85 %, EDF 24,12 % et GDF Suez 17,12 %. Sur trois ans cette fois, le constat est sans appel : l’indice parisien se replie de 5,22 % quand France Télécom chute de 53,90 %, EDF de 63,32 % et GDF Suez de 38,58 %. Ce qui unit ces trois sociétés, c’est la part de l’Etat français à leur capital : 26,95 % pour la première, 84,44 % pour la deuxième et 38,74 % pour la troisième. S’il convient de ne pas occulter les difficultés propres à leur secteur d’activité, difficultés que rencontrent également leurs homologues privés, nous ne pouvons nous empêcher de penser que l’Etat est malgré tout un mauvais gestionnaire. Ces trois sociétés sont en effet dirigées dans une démarche presque schizophrénique. Il n’est pas illusoire d’estimer que les intérêts d’une entreprise peuvent être contradictoires avec ceux de l’Etat qui mène in fine sa destinée.

 

Ainsi, nous évoquerons les sorties de plusieurs ministres du gouvernement sur la nécessaire relocalisation dans l’Hexagone des centres d’appels téléphoniques de France Télécom.

Du caractère « social » que doit revêtir leur politique d’embauche (contrats d’avenir, etc.) ou tarifaire (voir à cet égard l’utilisation qui est faite des prix de l’électricité et du gaz en dépit des arrêts rendus par le Conseil d’Etat, et la probable et prochaine mise en place d’une nouvelle formule de calcul).

De l’impossibilité pour ces entreprises de se réorganiser au prétexte de ne pas déplaire à des syndicats très écoutés par nos dirigeants quand certaines de leurs activités rentables (nucléaire, par exemple) ne sont pas mises à l’index pour satisfaire des amitiés politiques qui entendent privilégier des activités qui, elles, ne le sont pas (éoliens). Voici donc quelques exemples à prendre en considération pour tout investisseur.

 

L’Etat impose au final à ces sociétés d’investir dans des secteurs qui ne sont pas toujours opportuns, d’embaucher ou de ne pas réduire leurs effectifs malgré les difficultés qu’elles peuvent rencontrer et, face à des ressources budgétaires exsangues, de poursuivre une politique de dividende trop généreuse, quitte à faire baisser leur rentabilité et accélérer leur déclassement. Comment dès lors, un investisseur individuel peut-il s’y retrouver ? A notre sens, il y a trop de risques à vouloir s’engager dans ce type de société. Voilà d’ailleurs pourquoi nous avons cédé nos actions GDF Suez sur un rebond opportun.

 

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