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Les dossiers de la rentrée (rédigé le 28/08/2015)

Tout avait pourtant bien commencé... Forts de la résolution de la crise grecque (résolution toute relative ainsi que nous l’avions souligné in PU # 2672 / page 3), les marchés financiers avaient pris le pari de la hausse et de l’optimisme peu raisonné, le CAC 40 parvenant à rallier les 5 200 pts le 10 août. Les résultats trimestriels des entreprises étaient de leur côté salués, même si là encore il convenait de ne pas se montrer trop regardant : les bénéfices par action continuaient d’être tirés vers le haut par les rachats et annulations de titres, ce qui ne pouvait être le cas des chiffres d’affaires dont le niveau a globalement et une nouvelle fois déçu. Bon an mal an, les investisseurs commençaient à imaginer que l’été allait être finalement plutôt calme. Mais le dossier chinois a vite été rouvert. L’éclatement de la bulle boursière montre que le roi est désormais nu face aux forces de marché et aux lois économiques : le Parti communiste chinois, dont nombre d’analystes bien peu inspirés vantaient la politique, est désormais démuni face à la très forte baisse des indices. Et les intervenants de s’inquiéter – enfin ! – d’un ralentissement économique bien plus important qu’escompté sur la base de statistiques officielles honteusement et de longue date trafiquées, comme nous l’avons souvent souligné ici même. Pékin a annoncé par surprise plusieurs dévaluations du yuan, ce qui a eu pour effet de raviver les inquiétudes. La panique a dès lors pris le dessus et l’hypothèse d’une panne de croissance dans toute l’Asie était évoquée, par contagion. Mais le contexte global de marché ne saurait être circonscrit à cet élément, aussi important soit-il. Nous revenons donc ci-dessous sur les dossiers « chauds » de cette rentrée qui ne s’annonce pas de tout repos.

 

La Chine, au centre des inquiétudes

 

Au 2ème trimestre, la croissance du PIB chinois est ressortie à 7 %, soit au niveau planifié par le pouvoir central. Qu’importent si plusieurs indicateurs calculés de façon plus indépendante témoignent d’un net ralentissement de l’activité, voire même d’une contraction dans certains domaines. La hausse du salaire moyen (plus de 10 % par an depuis plusieurs années) a fait chuter la compétitivité du pays, une baisse dont profitent certains de ses proches voisins. Les ménages chinois rechignent dans le même temps à consommer, comme en atteste la part de la consommation dans le PIB qui reste inférieure à 40 % et l’inflation qui n’a de cesse de ralentir, tandis que des phénomènes de bulles « spéculatives » (immobilier puis récemment marchés boursiers) ont conduit à de mauvaises allocations d’actifs et donc à une destruction de valeur. Tout l’édifice chinois est enfin fragilisé par la corruption, les créances douteuses et l’endettement public (état et gouvernements locaux) qui atteint des niveaux totalement incompatibles avec les standards actuels du pays. Désormais, la population et une partie de la communauté financière tablent sur de nouvelles actions du pouvoir en place qui, comme « par enchantement », résoudraient tous les problèmes du pays. Il n’existe pas de solution miracle : le dossier chinois n’est pas près d’être refermé, même si une baisse de la fièvre est sans doute à prévoir à court terme.

 

Vers une panne de la croissance mondiale ?

 

Du ralentissement chinois à la panne de croissance mondiale, il y a un lien que les marchés ont vite fait (avec sans doute quelques excès comme il est de coutume dans les moments de franche baisse des indices), d’autant que les pays émergents pris dans leur ensemble connaissent d’importantes difficultés (Brésil et Russie sont ainsi entrés en récession). La dévaluation surprise du yuan a rajouté à la confusion et aura rapidement des conséquences sur les voisins de l’ex-Empire du Milieu comme la Thaïlande, le Vietnam et la Malaisie. Mais le Japon pourrait également souffrir. Par ricochet dans nos économies désormais « mondialisées », les pays occidentaux ne sauraient être épargnés, d’autant que les entreprises européennes comme américaines y ont investi de manière significative au cours des dernières années et que la Chine et la région asiatique comptent parmi les premiers débouchés de nombre d’entre-elles. Pour l’instant, l’Europe résiste. Mais ces mêmes économies étant fortement financiarisées, toute déroute boursière aura des conséquences notables. Par ailleurs, de quelles latitudes disposent-elles en termes de relance ? Face à un niveau toujours très élevé d’endettement, le stimulus budgétaire (ou supposé tel...) ne pourra être sollicité. Du côté monétaire là encore, nos pays paraissent démunis (les taux sont au plancher en zone euro, comme aux états-Unis). Il apparaît désormais évident que la Réserve fédérale américaine ne pourra remonter les taux dans les prochains mois (la probabilité d’une action de ce type en septembre est proche de zéro). Et certains d’évoquer une nouvelle étape dans les rachats d’actifs et l’utilisation de la planche à billets (« QE4 » outre-Atlantique, prolongation du soutien de la Banque centrale européenne ?). Voilà qui favoriserait une remontée des indices qui restent drogués à l’argent créée ex nihilo, tout du moins à court terme. Mais de telles décisions ne résoudrait rien, comme vous le savez à nous lire.

 

La grèce a été trop vite oubliée

 

La problématique grecque n’est plus à son acmé, comme cela fut le cas en juin et juillet derniers. La signature d’un accord avec l’ex-troïka a fait baisser considérablement les tensions. Pour autant, les problèmes n’ont pas été résolus par cet engagement très (et trop) politique qui visait, dans une approche de court terme, à éviter la sortie de la Grèce de la zone euro. Mais la démission du Premier ministre Alexis Tsipras a ravivé les incertitudes alors que de nouvelles élections législatives sont convoquées en septembre. Une majorité parviendra-t-elle à se dessiner ? L’aile gauche de Syriza, qui a fait sécession, peut-elle espérer une victoire ? Le calendrier électoral est par ailleurs très chargé en Europe (Grèce donc, mais également Portugal et Espagne) alors que les populistes de tout poil donnent de la voix.

 

 

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