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Surendettés, plusieurs pays de la zone euro ont vu les taux d’intérêt auxquels ils empruntent sur les marchés s’envoler. Ce qui augmente la charge de leur dette et complique, voire rend impossible, leur désendettement. Dans ce contexte, certains n’hésitent plus à réclamer la création d’euro-obligations. Un Etat de la zone euro lèverait ainsi de l’argent sur les marchés financiers en engageant non pas sa responsabilité mais celle de l’ensemble de la zone euro. Cette mutualisation de la dette permettrait, selon ses partisans, de réduire les taux d’intérêt des obligations émises par les pays en difficulté, à savoir la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou encore l’Italie. Du moins à court terme. A plus longue échéance, les risques ne sont en effet pas nuls. Abraham Lincoln affirmait : « Vous ne pouvez pas donner la force aux faibles en affaiblissant le fort. Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche ». Or, quelle serait la première conséquence des euro-obligations ? L’Allemagne et la France, qui font office de « refuge » aujourd’hui, verraient leurs taux progresser et deviendraient les grands perdants de l’opération. Leur marge de manœuvre est pourtant mince : la charge de la dette est déjà le second poste de dépenses de la France, dans un contexte de taux pourtant très favorable. Alors que la zone euro dispose d’une politique monétaire commune mais de politique budgétaire propre à chaque pays, il serait en outre présomptueux de penser que l’Union pourra contrôler et limiter les déficits de chacun, notamment lors des changements de majorité. Pourquoi la règle d’or serait-elle respectée alors que les critères de Maastricht ne l’ont jamais été ? Mutualiser, c’est dédouaner de toute responsabilité. Le désendettement est un processus douloureux. Sans la menace d’une faillite, les pays contraints à se désendetter seront beaucoup moins motivés pour agir.
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