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Correction puis stock picking ? (rédigé le 02/06/2015)

Depuis la mi-mars, les marchés d’actions européens affichent un recul. Aux 75 premiers jours de l’année, marqués par une dynamique digne du début de l’exercice 2000, ont ainsi succédé 75 jours d’hésitations et de doutes. Du côté des éléments de soutien, l’engagement de la Banque centrale européenne (BCE) à alimenter le marché européen en liquidités, et donc à soutenir les cours, ne fait aucun doute dans les esprits. Il n’y a qu’à lire les déclarations des gérants et autres stratèges relayées par la presse spécialisée. Les investisseurs ont le sentiment de bénéficier d’un filet de sécurité qui ne peut être pris en défaut. Mieux, la plupart d’entre eux anticipent déjà une réédition du programme d’assouplissement quantitatif (« QE »).

 

Comme aux Etats-Unis, la BCE enchaînerait ainsi avec un « QE2 » puis un « QE3 », bien au-delà de septembre 2016 censé marquer la fin de l’actuel programme. Si un tel scénario est déjà dans les têtes, l’évolution actuelle du marché boursier a de quoi surprendre, notamment ceux qui sont revenus à l’achat à la fin du 1er trimestre (et ils sont nombreux !), alléchés par les performances enregistrées au cours des premières semaines de l’exercice.

 

En réalité, deux principaux grains de sable sont venus enrayer la mécanique, à commencer par l’évolution de l’euro/dollar. La tendance à la dépréciation de la devise européenne a en effet été stoppée net par la dégradation des données économiques américaines. L’économie de l’Oncle Sam a tout simplement calé sur les premiers mois de l’année 2015... en partie affectée par la hausse du billet vert. Dès lors, la perspective d’un relèvement des taux de la Fed a été repoussée et le dollar a perdu de sa superbe. Depuis, l’incertitude sur la politique monétaire américaine prédomine, ce qui débouche sur des séances erratiques et volatiles.

 

Dans le même temps, la Grèce apporte également son lot d’inquiétudes. Le pays va-t-il de nouveau restructurer sa dette, faire défaut ou encore quitter la zone euro ? Les opérateurs ne parviennent pas à se faire une idée précise de ce qui va advenir à Athènes. Bien sûr, une très large majorité penche pour un scénario positif mais, après les nombreux soubresauts connus ces dernières années, peu d’investisseurs sont malgré tout prêts à jouer leur va-tout là-dessus.

 

Aux Etats-Unis, l’attentisme est également de mise. Bien que le Standard & Poor’s 500 ait inscrit un nouveau record historique en mai, sa performance est marginalement positive sur six mois. L’indice Dow Jones Transportation, qui est la plus ancienne référence boursière américaine, est quant à lui dans le rouge depuis le début de l’année comme sur six mois : il est ainsi revenu à son niveau d’août 2014. Or, selon la théorie de Charles Dow, créateur des indices portant son nom, une telle divergence entre le Dow Jones Industrial (en hausse) et le Dow Jones Transportation (en baisse) constitue un signal d’alerte majeur. La faible volatilité des indices américains masque en outre de plus amples variations et parfois d’importants arbitrages.

 

Des compartiments ayant fait l’objet d’intenses « spéculations » sont ainsi entrés en phase de correction. Par rapport à leurs récents plus hauts, des titres comme Twitter (-35%), 3D Systems (-70%), Tripadvisor (-35%), Chesapeake Energy (-50%), LendingClub (-33%) ou encore LinkedIn (-30%) ont lourdement chuté. Pour ces sociétés, les déceptions par rapport aux attentes ont été sévèrement sanctionnées.

 

Dans ce contexte, la période estivale qui s’ouvre pourrait permettre au marché boursier de sortir de cet attentisme et de « basculer » à la faveur de volumes moins fournis. Aux prochaines nouvelles, favorables ou défavorables, les opérateurs risquent de surréagir. Pour notre part, nous anticipons une poursuite de la correction avant qu’une période plus « sélective » pour l’investissement en actions ne prenne forme.

 

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