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La peur de la correction (rédigé le 25/03/2015)

« La catastrophe, c’est quand les choses suivent leur cours », écrivait Walter Benjamin. S’il convient à toute occasion de rester mesuré dans nos propos – l’excès n’étant jamais conseillé en cette matière comme dans tant d’autres – cette phrase prend un sens nouveau et intéressant dans le contexte actuel. Malgré quelques inquiétudes évoquées de manière sporadique ici ou là, le sentiment des investisseurs demeure en effet positif. Par paresse, diront certains, toutes les critiques sont écartées d’un revers de la main par des marchés qui ne veulent voir aucun excès dans la conduite actuelle des indices. Pourtant, un simple coup d’œil aux performances des Bourses mondiales reproduit dans notre tableau hebdomadaire alarmera, sur la simple base de données cardinales, tous ceux qui disposent d’un minimum d’expérience. Laquelle s’est d’ailleurs parfois forgée dans la douleur. Mais les choses suivent finalement leur cours et les marchés progressent, quelle que soit l’orientation des indicateurs statistiques et autres mesures à portée prédictive : la Banque centrale européenne (BCE), la Fed, la Banque d’Angleterre, la Banque populaire de Chine y pourvoiront ad libitum.

 

Nous n’avons de notre côté de cesse de le répéter : fort de cette croyance aveugle dans l’efficacité de politiques monétaires poussées à leur acmé, le jeu qui se joue actuellement est des plus dangereux. Nul ne sait quand nous en sortirons et dans quel état.

 

Ceux qui évoquent le succès des programmes d’assouplissement quantitatif (« QE ») oublient un peu vite que pour parler de réussite, il conviendra :

 

– d’en identifier les effets sur l’économie dite « réelle » sans ambiguïté et de manière significative compte tenu des centaines de milliards de « fausse » monnaie créés ex nihilo ;

 

– d’assister à un changement de cap de la part des banques centrales sans que les marchés ne s’en émeuvent et à un assainissement de leur bilan actuellement très dégradé ;

 

– de renouer avec des taux d’intérêt proches de leur moyenne historique à même d’encourager l’épargne et la constitution du capital sans, là encore, provoquer de mouvements de panique sur les marchés, tant pour leur composante actions qu’obligataire.

 

Nous en sommes bien loin et le plus difficile est à venir. Le paradoxe est que ces avertissements sont connus de ceux qui continuent de suivre la tendance, dont ils ne cessent bien évidemment de répéter qu’elle est leur ami, comme le veut l’adage. Ils évoquent, à qui oserait émettre quelques doutes sur une poursuite de la hausse des indices européens, que la croissance économique va immanquablement se redresser au cours des prochains mois et ce de manière significative.

 

Qu’importent les valorisations dont nous avons vu à plusieurs reprises ici même qu’elles ne sont pas tenables, sauf à anticiper un regain d’activité comme le Vieux Continent n’en a jamais vu au cours des trente dernières années. Qu’importe également les signaux négatifs en provenance des états-Unis et de Chine.

 

Le marché veut y croire. Ou comme l’indique plus justement l’économiste reconnu Robert Shiller, « c’est la peur, plutôt que l’euphorie, qui conduit actuellement les marchés boursiers mondiaux à de nouveaux sommets ». Il faut donc continuer à y croire, jusqu’à ce que... Quelques voix discordantes se font entendre malgré tout. Depuis quelques mois, il n’est pas rare de constater qu’un intervenant de renom modifie de manière significative ses allocations d’actifs et privilégie désormais les liquidités en réduisant sa poche actions. Voilà un élément, parmi tant d’autres, qui nous conduit à ne pas modifier notre biais stratégique : nous poursuivons ainsi nos allégements de manière méthodique pour une part de liquidités désormais à 45 % en moyenne.

 

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