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Stop aux idées reçues (rédigé le 05/11/2009)

(04/11/2009) Alors que les marchés ont entamé la phase de correction que nous appelions de nos vœux depuis la mi-octobre, nombre d’investisseurs semblent surpris par ce retournement. Après avoir hésité à monter dans le train de la hausse, ces derniers s’étaient finalement fait à l’idée que la progression quasi rectiligne des marchés pourrait durer jusqu’à la fin de l’année. Et les journaux financiers d’annoncer courageusement, une fois les 3 900 pts franchis sur le CAC 40, le ralliement des 4 000 pts pour la fin octobre. Raté, hélas ! Ce « coup » marketing aurait, il est vrai, pu fonctionner : l’indice parisien n’était plus qu’à 2 % de l’objectif... Malheureusement pour eux, les marchés en ont décidé autrement. Si la tendance est notre amie, comme le souligne l’adage américain (« Trend is your friend »), ce n’est pas pour autant que la paresse doit l’emporter dans notre action sur les marchés. À tout moment, il convient d’anticiper et de remettre en question ce qui semble acquis pour la grande majorité des investisseurs. Cette semaine, nous avons ainsi fait le choix de révéler huit idées reçues susceptibles, actuellement, de vous faire perdre de l’argent en Bourse.

Idée reçue n° 1 : La reprise en « V » est validée aux États-Unis

Comme vous le lirez en page 6 de ce numéro, la croissance dévoilée par les États-Unis au titre du 3ème trimestre est essentiellement le fruit des dépenses gouvernementales (primes à la casse et pour l’accession à la propriété). Pour qu’une reprise en « V » soit validée, il faudrait que les entreprises prennent le relais de l’État, ce qui est encore loin d’être le cas. L’incertitude sur les perspectives économiques est en train de rattraper le marché qui baignait dans une illusion entretenue par les media.


Idée reçue n° 2 : Le dollar chute à cause de l’économie et de la dette américaines

Au cours des dernières semaines, le dollar est devenu le principal moteur de la hausse des marchés. Le principe du carry-trade (consistant à emprunter dans une devise à faible rendement pour investir sur d’autres devises et actifs plus rémunérateurs), autrefois appliqué au yen, s’est reporté sur le billet vert. Ainsi, une forme de spéculation a alimenté les dernières semaines de hausse : plus le dollar était vendu, plus les liquidités ainsi dégagées (et offertes sur un plateau par la Réserve fédérale) étaient investies sur les actions, le pétrole ou encore l’or. Ni l’économie, ni la dette américaine, purs prétextes, ne sont en jeu. 


Idée reçue n° 3 : Les fondamentaux de l’Europe justifient un euro fort

Comme d’habitude, la croissance européenne s’inscrit dans le sillage de celle des États-Unis. Elle ne peut donc être en avance sur la reprise. Quant à la dette des pays de la zone euro, elle explose tout autant que celle des États-Unis. Or, aucun d’entre eux n’a la capacité de dégager un excédent budgétaire dans les années qui viennent. Certains membres du sud de la zone euro commencent même à faire trembler la BCE.


Idée reçue n° 4 : Les banques ont besoin d’un marché « haussier »

Afin de reconstituer leurs marges bénéficiaires et leurs fonds propres, les établissements auraient besoin d’une hausse des actions pour leurs activités de marché. C’est totalement faux : elles ont besoin avant tout de volatilité. Or, la hausse des indices avait conduit la volatilité (voir page 12) à chuter considérablement.


Idée reçue n° 5 : L’or est un bon placement de diversification

L’or constitue de plus en plus un placement comme un autre. Il est donc actuellement entraîné par le même courant qui a porté les actions, l’euro et le pétrole à la hausse dans un premier temps et à la baisse dans un second. Sa corrélation avec les autres actifs est plus élevée que par le passé. Sa performance mesurée en euros est en outre très décevante.


Idée reçue n° 6 : Le rally de fin d’année est pour bientôt

Nous le rappelons chaque année mais cette légende, très vivace, nous conduit à nous répéter encore une fois : les rally (hausse forte et mécanique) de fin d’année n’existent pas. Aucune analyse statistique ne démontre leur existence. Il est donc saugrenu d’investir en actions parce que Noël approche.
 

Idée reçue n° 7 : Les banques sont sorties d’affaire

Les établissements bancaires ne vivent que grâce à leurs activités de marché (trading). Pour le reste, l’insuffisance de leurs fonds propres va nécessiter de nouvelles augmentations de capital. Les risques sur l’immobilier commercial américain ou les LBO (opérations de rachat d’entreprise avec effet de levier) sont en outre importants.


Au final, il ressort que le marché a connu au cours des dernières semaines un de ces excès fondé sur des hypothèses fausses et dont il est coutumier. Tant mieux pour vous si vous nous avez suivis dans les nombreuses ventes/allégements opérées depuis la rentrée. La correction atteint désormais 10 % depuis les plus hauts de l’année et devrait se poursuivre pour conduire l’indice CAC 40 sur la zone support comprise entre 3 400 pts et 3 500 pts. Sur ces niveaux, nous opérerons une vague d’achats/renforcements sur les valeurs cédées récemment. Dans un contexte de marché voué à la volatilité, une stricte application des manœuvres reste le seul moyen de sécuriser des gains.



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