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Technologie : quels risques en Bourse ? (rédigé le 11/07/2017)

Si Wall Street donne parfois l’impression d’évoluer dans un monde parallèle, c’est en partie grâce à la Silicon Valley. Au cours des vingt dernières années, le centre technologique des Etats-Unis a en effet considérablement enrichi et renouvelé la cote américaine. Le Nasdaq a accompagné l’essor et la domination d’un nouveau compartiment, lequel fait encore aujourd’hui défaut aux places européennes et asiatiques. La montée en puissance des groupes technologiques américains a sans nul doute défié toutes les prévisions. Pour autant, et quoi que puissent en penser les investisseurs actuellement, les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Le potentiel de la technologie justifie-t-il que l’on oublie les risques et les ratios de valorisation ? Certainement pas.

 

La technologie, un secteur devenu défensif ?

 

En Bourse, la croissance des revenus et des profits du secteur technologique a dans un premier temps alimenté la hausse des cours. L’innovation a en effet payé et permis à de nombreuses sociétés du secteur d’améliorer leurs services, d’en développer de nouveaux ou encore d’empiéter sur le terrain de groupes plus "anciens", installés dans leurs fausses certitudes. Puis, les grands gagnants de la rupture technologique ont été identifiés. Facebook, Apple, Amazon, Alphabet ou encore Microsoft (les FAAAM) sont apparus comme incontournables. Les investisseurs ont dès lors choisi de se concentrer sur ces derniers. Pourquoi s’éparpiller et prendre des risques sur des valeurs de second rang quand il est possible de prendre une part dans un géant offrant croissance et sécurité (tous sont assis sur une montagne de liquidités) ? 

 

La demande pour ces titres a ainsi fini par faire grimper les cours plus vite que les profits, ce qui a conduit à une hausse des multiples de valorisation. Dans le même temps, la capitalisation de ces sociétés est devenue incroyablement élevée. Les FAAAM pèsent 2 900 Mds $ en Bourse, soit plus de deux fois la capitalisation des entreprises du CAC 40. Dès lors, leur poids dans les indices boursiers n’a cessé de progresser, ce qui a contraint les gérants de fonds indiciels et les émetteurs de trackers à "courir après le papier". Le poids de la gestion passive est aujourd’hui de 37 %, contre 19 % voici dix ans. "Passivement", de plus en plus d’investisseurs achètent donc ces valeurs sans se soucier du prix ou des perspectives. La hausse alimente la hausse : 42 % de la progression du marché américain depuis le début de l’année est liée à cinq entreprises. Dans le même temps, la volatilité des FAAAM est plus faible que celle de n’importe quel secteur. Ce dernier élément procure un sentiment de sécurité aux opérateurs qui semblent croire que les poids lourds de la technologie sont devenus « défensifs », quel que soit le prix payé...

 

Des risques existent mais sont ignorés

 

Le phénomène technologique sur les marchés financiers a fini par alerter les banques centrales qui commencent à évoquer avec insistance "des excès". Une moindre bienveillance de leur part, qui se traduirait notamment par une hausse des taux, viserait en partie à empêcher que les déséquilibres à l’œuvre ne continuent de grossir. Mais d’autres éléments peuvent faire atterrir les investisseurs. Pour commencer, le risque cyclique existe pour les FAAAM comme pour les autres. Alphabet et Facebook sont dépendants de la publicité, un secteur hautement sensible à la conjoncture. Quant à Amazon, il s’agit du premier distributeur au monde, et donc du groupe le plus exposé à la consommation des ménages. à l’heure où la probabilité d’une récession aux états-Unis dans les douze prochains mois tend à augmenter, la confiance dans la capacité de ces groupes à en faire fi est étonnante. Le risque réglementaire est également à prendre en compte. La domination et la puissance des FAAAM inquiètent les états qui craignent de perdre leurs pouvoirs. La lutte contre les monopoles (voir l’épisode Alphabet/Commission européenne) et l’optimisation fiscale vont principalement viser ces poids lourds. Par ailleurs, aux états-Unis, Donald Trump entend protéger l’industrie, même si cela a un coût pour le secteur technologique, lequel ne semble guère l’intéresser. Enfin, sur le plan boursier, la gestion passive comporte des risques techniques. Dans un marché en retournement, il est à craindre qu’elle ne vienne amplifier le mouvement, comme elle l’a fait dans la hausse.

 

La concentration de la hausse du secteur technologique et plus largement de Wall Street sur cinq valeurs n’a rien de sain. Les investisseurs ont occulté les ratios de valorisation et les besoins de diversification.

 

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