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Quid des résultats américains ? (rédigé le 27/08/2014)

La saison des résultats trimestriels a pris fin aux Etats-Unis. Une nouvelle fois, les entreprises composant le Standard & Poor’s 500 ont dévoilé une performance supérieure aux attentes : leurs profits ont progressé de 8,9 % en moyenne, contre 6,6 % attendus. La tradition des bonnes surprises a plus que jamais été respectée alors que 72 % des sociétés ont fait mieux qu’espéré. Il s’agit d’un score qui va au-delà de la moyenne historique, laquelle ressort à 60 %. Le phénomène n’est toutefois pas nouveau : les états-majors américains maîtrisent de mieux en mieux le premier principe d’une communication financière réussie, à savoir créer la surprise lors de la publication des résultats. Leur capacité à racheter des titres pour les annuler et ainsi augmenter mécaniquement la croissance des profits constitue il est vrai une soupape de sécurité des plus utiles. Rappelons que les premiers acheteurs nets d’actions américaines ne sont autres que les entreprises... Sur le front des revenus, la croissance a également été au rendez-vous. Elle est ressortie à + 4,6 %, ce qui constitue une performance honorable après plusieurs trimestres de quasi-stagnation. En termes de secteurs, il convient de noter que la santé (+ 12,2 %, portée par la biotechnologie), la technologie (+ 6,6 %) et la consommation (+ 5,8 %) ont tiré la moyenne vers le haut. Notons au passage que les deux premiers compartiments manquent cruellement à l’économie européenne.

 

Quelles perspectives pour la fin d’année ?

 

L’enjeu pour Wall Street reste d’enregistrer une croissance des profits de 10 % sur l’ensemble de l’année 2014. C’est l’objectif affiché. Au regard des données dévoilées au titre du 2ème trimestre, une telle hausse des bénéfices reste possible. Mais sachant que le 1er trimestre s’est soldé par une croissance de 5,4 %, il faudrait enregistrer une nette accélération sur le 2nd semestre. Pour l’instant, les analystes anticipent une progression de 9,25 % au 3ème trimestre. Voici encore quelques semaines, ils attendaient 10 %. Quelques révisions en baisse ont donc été effectuées. Globalement, les entreprises se sont faites assez peu prolixes sur la dynamique des prochains mois. La multitude des inquiétudes géopolitiques et l’incertitude liée au virage annoncé de la politique monétaire américaine rendent quelque peu difficile l’établissement de prévisions. Une chose est toutefois sûre : les programmes de rachats d’actions vont se poursuivre à un rythme effréné. à titre d’exemple, Caterpillar a resserré son anticipation de chiffre d’affaires mais relevé celle de son profit par action en raison du prochain rachat de 2,5 Mds $ de titres. Pepsico a pour sa part vu son profit reculer sur le 2ème trimestre mais son bénéfice par action grimper grâce aux annulations de titres. Pour satisfaire les analystes et les investisseurs, la société va logiquement poursuivre dans cette voie. En réalité, en dehors de la technologie et de la biotechnologie, la prudence reste de mise concernant l’avenir. L’abondance de liquidités quasiment gratuites dicte également la stratégie des entreprises : parallèlement aux rachats d’actions, la vague des fusions/acquisitions est ainsi lancée. La majorité préfère communiquer dans ce domaine plutôt que sur les perspectives aux états-Unis et l’international. Toutes s’accordent toutefois sur la présence d’un élément perturbateur : la hausse du dollar. Or, celle-ci pourrait s’accélérer avec la fin de l’assouplissement quantitatif et l’anticipation d’une remontée des taux.

 

Notre avis : Il y a eu un mieux sur le front de la croissance de l’activité, notamment en raison d’un rattrapage consécutif aux blocages enregistrés au 1er trimestre (marqué par des intempéries). Ce sursaut demande confirmation. Pour ce qui est des profits, l’argent gratuit de la Fed continue d’être réinjecté par les entreprises dans les programmes de « retour aux actionnaires ». Autour de 70 % des flux de liquidités servent ainsi à alimenter les dividendes et les rachats de titres. Ce qui permet d’entretenir la croissance des bénéfices par action mais révèle une absence totale de prise de risques (investissements). Le changement prochain de politique monétaire pourrait venir troubler ce petit jeu.

 

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