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Quelques rappels nécessaires (rédigé le 21/12/2011)

Le « faux départ » que nous redoutions se sera bel et bien concrétisé. Ainsi et après avoir fortement rebondi dans l’espoir d’une issue positive au dernier sommet de chefs d’état européen, le CAC 40 renouait avec la baisse sur fond de déception. Nous avons déjà évoqué le sujet dans cette même rubrique la semaine dernière. Il nous paraît donc inutile d’y revenir en détail cette fois encore. Nous aimerions tout particulièrement attirer votre attention sur un sujet précis à l’heure où les investisseurs individuels s’éloignent progressivement de la Bourse, échaudés par l’évolution erratique des indices depuis de trop longues années. Et revenir à quelques évidences qu’il est parfois nécessaire de rappeler et d’opposer à l’irrationalité.

 

Ainsi, il est commun d’entendre actuellement le discours suivant : « je tourne le dos à la Bourse et je n’y reviendrai que lorsqu’elle a aura repris des couleurs », « la Bourse n’est plus faite pour les petits porteurs, seuls les grands investisseurs peuvent s’en sortir » ou encore « je préfère l’assurance-vie et l’immobilier ». Le découragement apparaît ici clairement exprimé. Voilà qui se comprend, évidemment, mais ne saurait constituer une ligne de conduite compte tenu de l’expérience (nécessaire) du passé.

La première affirmation va ainsi totalement à l’encontre de l’objectif que s’assignent les investisseurs et qui peut, rapidement certes, s’énoncer de la sorte : « acheter au plus bas et vendre au plus haut ». En se retirant du marché dans les périodes où les valorisations se retrouvent au plancher, les épargnants concrétisent leurs pertes potentielles et tournent le dos à la phase de hausse qui, immanquablement, succédera à ces excès enregistrés à la baisse. Par ailleurs, la question qui se pose alors est la suivante : quand conviendra-t-il de revenir sur le marché ? Lorsque l’indice de référence aura repris 10 % ? 15 % ? 30 % Plus encore ? Bien souvent, celui qui agit de la sorte ratera le coche et assistera au rebond, impuissant et sans en profiter car sous-investi. Des études ont d’ailleurs été menées sur le sujet. Ainsi, Fidelity a calculé qu’un particulier aurait réalisé une performance annualisée de 17,9 % sur le CAC 40 en restant investi sur le marché français entre le 31 décembre 1987 et le 31 décembre 2000. Preuve de l’importance d’être constant, si ce même investisseur avait manqué les dix meilleures séances enregistrées sur cette période de treize années, son portefeuille n’aurait progressé que de 13,5 % par année. Pire encore et s’il n’avait pas été investi durant les quarante meilleures séances sur ce même intervalle, la résultat aurait été encore plus mince, soit une performance annualisée de 5,2 %. Faire le dos rond est donc la seule solution lorsque les vents deviennent violents. Bien évidemment, il est aisé de comprendre le découragement qui occupe certains lorsque cette période difficile dure et dure encore. Surtout lorsque c’est le système, en lui même, qui menace d’imploser, comme aiment à nous le rappeler au quotidien les media, si friands de mauvaises nouvelles, et certains hommes politiques déclassés... Dans cette optique, il convient malgré tout et à nouveau de rappeler quelques évidences. L’éclatement de la zone euro constitue une possibilité, mais en aucun cas une certitude. Le flou règne en maître sur ce sujet. Dans l’optique la plus noire, certains investisseurs entendent se retirer du marché, estimant que celui-ci ne pourra que baisser et baisser encore. Ils privilégient de fait les liquidités. Voilà qui n’est pas totalement incohérent, pour peu que l’on se place dans une optique de court terme. Mais tel n’est pas notre propos depuis maintenant 60 ans. En cas d’aggravation de la crise, et pourquoi pas d’une sortie de l’euro, seuls les actifs tangibles retrouveront leur valeur. Toutes les études le démontrent. Or, les actions sont des actifs tangibles : ce sont des titres de propriété d’une entreprise. La monnaie-papier reste pour sa part virtuelle, rappelons-le. Ce n’est donc pas en étant « liquide » que vous vous protégerez.

Autre remarque fréquemment entendue, la Bourse n’est plus faite pour les investisseurs individuels. Cette assertion renvoie aux éléments vus plus haut. Bien évidemment et dans le contexte que nous connaissons, il est aisé d’en arriver à ce type d’extrémité et de convoquer, qui une manipulation des cours, qui une alliance supposée des agences de notation et des grandes banques anglo-saxonnes. L’investissement en Bourse nécessite plus que jamais l’adoption d’une méthode. Celle-ci repose sur plusieurs piliers : un choix pertinent de valeurs, un suivi rigoureux de celles-ci, une harmonie dans la répartition des mises, tant du point de vue sectoriel que géographique, et enfin le respect des manœuvres préalablement établies (achats lors des périodes de baisse et ventes lors des sursauts à la hausse). Ceux qui oublient ces axiomes en paient le prix fort. Voilà pourquoi nous nous attachons à respecter ce qui constitue pour nous la base de l’investissement méthodique. Ainsi et malgré le contexte délétère qui fut celui de l’année 2011, nous avons été en mesure de concrétiser des gains, comme vous pourrez le lire en page 12 du n° 2498 des Propos Utiles.

Enfin et pour ceux qui ne jugeraient que par les contrats d’assurance-vie en euros, nous avons évoqué dans ces colonnes les risques qui pèsent sur ce type de véhicule investi en obligations souveraines. Là n’est pas la solution, à l’heure actuelle. Elle n’est pas non plus à chercher dans l’immobilier dont l’évolution des prix commence, doucement mais sûrement, à se retourner. 

 

Voilà pourquoi il est important de continuer à adopter un biais positif pour les actions.

 

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