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Les banques dans la tourmente (rédigé le 26/05/2010)

(26/05/2010) Dans le contexte pour le moins délétère que nous connaissons, le  compartiment bancaire – et financier dans son acception la plus large – n’a de cesse d’être « attaqué ». Chaque séance de forte baisse des indices correspond ainsi à un nouveau repli accentué des titres financiers. Conscients des difficultés rencontrées par ce compartiment de la cote, nous avions décidé, pour nos favorites, de privilégier l’attentisme : nos limites basses d’achat/renforcement avaient dès lors été fixées sur des niveaux relativement bas et éloignés des cours. Convient-il de changer notre fusil d’épaule et de procéder à des renforcements ? La question se pose. Voici notre réponse.


Les raisons d’une baisse

S’ils ont été un peu vite oubliés face aux nouveaux écueils du moment, les « subprimes » font tout d’abord et encore parler d’eux. Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI), seule la moitié des 2 700 Mds € d’actifs identifiés comme toxiques à l’échelle de la planète ont été « purgés ». Un lent et fastidieux travail est encore à effectuer. Voilà donc une trame de fond qui à elle seule peut faire office de repoussoir, même si une amélioration est à noter. Dans le même temps, les craintes entourant le marché de la dette souveraine sont à considérer. La Grèce n’en finit pas d’inquiéter les marchés en dépit du plan conjoint Europe/FMI mis en place dernièrement. Le défaut de paiement du pays fait ainsi toujours partie des options retenues. Or, les banques possèdent des obligations grecques (57 Mds € pour les seuls établissements français) qui, dans cette éventualité, ne vaudront plus rien. Des pertes plus « directes » pourraient également être supportées par les établissements qui possèdent des filiales dans le pays. La problématique de la dette souveraine ne se limite toutefois pas à la seule Grèce. L’Espagne est ainsi en ligne de mire alors qu’une caisse d’épargne locale a dû être renflouée par l’état. Par ailleurs, il convient de noter que les opérations de refinancement bancaires deviennent plus onéreuses alors que les mesures  exceptionnelles mises en place par la Banque centrale européenne (BCE) au plus grave de la crise pour assurer la liquidité se réduisent. Voilà qui risque, là encore, de peser sur le bilan des établissements financiers alors que le coût des capitaux va en s’accroissant. Face à l’augmentation de l’indice des prix à la consommation qui commence à pointer, la BCE pourrait d’ailleurs être enjointe à rehausser le coût du crédit en augmentant ses taux d’intérêt. De quoi, là aussi, peser négativement sur les résultats des banques. Dans le contexte de crise économique – finissante – que nous connaissons, il est également nécessaire de rappeler que le coût du risque (i.e. les provisions passées pour créances douteuses) reste à un niveau élevé. à noter toutefois que sa décrue est à attendre à compter de 2011. Du côté de la réglementation, les changements à venir pourraient également avoir un impact sur le secteur. Les normes prudentielles Bâle III sur lesquelles nous sommes déjà revenus et qui sont toujours en discussions font ainsi courir un risque important aux valorisations bancaires. En renforçant les normes de prudence, le besoin en capitaux propres devrait ainsi croître, ce qui nécessitera soit des augmentations de capital (évidemment « dilutives » pour l’actionnaires), soit un « gel » des prêts. Si l’objectif est de renforcer la solidité des banques, les ajustements nécessaires devraient peser sur leur bilan, tout du moins dans un premier temps.
Enfin, il convient de noter que plusieurs pays pourraient adopter des taxations spécifiques destinées à frapper le secteur afin d’offrir à leur opinion publique et à peu de frais une victime expiatoire tout en récoltant quelques milliards bien utiles en ces temps de disette budgétaire . Une taxe européenne évaluée à 50 Mds € serait en gestation.


Notre avis

Nous restons négatifs sur le secteur. Nous décidons par ailleurs de suspendre nos limites basses sur BNP Paribas et Deutsche Bank face à ces nombreuses incertitudes. En France, BNP Paribas reste néanmoins le meilleur véhicule sur le secteur, suivi de loin par Société Générale, Natixis, Crédit Agricole et Dexia.

 

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