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Le Fed a-t-elle raison ? (rédigé le 24/12/2008)

(24/12/2008) Le risque de déflation continue d’être agité tel un chiffon rouge. Selon une définition généralement admise, la déflation est un mouvement persistant à la baisse du prix moyen des biens et services, c’est-à-dire du coût de la vie. Dans un tel cadre, les consommateurs repoussent leurs achats au prétexte que les prix des biens et services seront plus bas demain.
La machine économique tourne alors au ralenti, ce qui entretient encore les tensions à la baisse sur les prix.
Le cas du Japon nous vient tout de suite à l’esprit, alors que l’Archipel est englué dans la déflation depuis les années 1990. Afin de répondre à cette situation, les banques centrales, comme cela a été le cas pour la Banque du Japon, adoptent généralement une politique de taux d’intérêt proche de zéro. La décision de la Réserve fédérale, qui entend désormais faire évoluer « le loyer de l’argent » entre 0 % et 0,25 %, va donc dans ce sens.
Mais est-ce la solution ? La Fed ne commet-elle finalement pas une nouvelle erreur ? Les ménages américains sont actuellement très endettés et vont donc pouvoir profiter de la baisse des taux pour restructurer leurs dettes. De nouvelles bulles pourraient donc voir le jour. Souvenons-nous que l’emballement exubérant observé sur les actions puis l’immobilier et les matières premières ont été les conséquences d’une politique de taux d’intérêt artificiellement accommodante. Il s’agirait donc ici de « reculer pour mieux sauter ». Dans le même temps, on ne peut qu’observer le caractère limité d’une telle mesure : les taux d’intérêt ne peuvent en effet tomber durablement « plus bas que zéro ». Enfin et compte tenu des difficultés actuelles rencontrées par les établissements financiers, ceux-ci pourraient être incités à utiliser les banques centrales comme des « coffres-forts » et y placer leurs disponibilités en obligations d’Etat.
Ce phénomène est déjà visible et pourrait donc s’amplifier. Une autre conséquence de l’utilisation de la planche à billets est également bien connue : en créant de l’inflation, les dettes contractées par les Etats, du fait de leur mauvaise gestion et des plans de relance mis en place, vont logiquement s’éteindre plus vite. Les épargnants, qui ont été appelés en renfort par ces mêmes Etats, devraient donc encore en faire les frais. La Fed pourrait donc avoir commis une erreur. Une de plus.

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