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Obligataire : un nouveau cycle (rédigé le 21/03/2012)

Alors que les marchés d’actions font bonne figure (le Standard & Poor’s 500 est à un plus haut de quatre ans tandis que le CAC 40 a quasiment effacé les traces du krach de l’été dernier), le marché obligataire américain montre quelques signes de nervosité. Les taux à 10 ans sont notamment passés de 1,80 % à 2,30 %, soit à un plus haut depuis octobre 2011. Rappelons que les taux des obligations évoluent à l’inverse des cours. Lorsque les prix des obligations chutent sous l’effet d’une moindre demande, les taux augmentent, ce qui est somme toute logique. Pour la banque helvétique UBS, le mouvement des dernières semaines n’est pas anodin : selon elle, les obligations d’Etat de l’Oncle Sam ne sont qu’à l’orée d’un long parcours « baissier ». Après trente ans de repli des taux d’intérêt, l’âge d’or du marché obligataire va-t-il prendre fin ? Oui, selon nous.

 

Une baisse conjoncturelle

 

Pour les observateurs, le moindre engouement des investisseurs pour les obligations est lié au retour en grâce des actions. Un certain regain d’appétit pour le risque les détourne des actifs les moins rémunérés pour se porter vers des investissements offrant une perspective plus séduisante que celle de gagner 2 %, c’est-à-dire d’avoir un rendement réel négatif une fois l’inflation comptabilisée. Fatigués de perdre de l’argent sur les obligations américaines par un excès de frilosité, les opérateurs se tournent vers les actions mais aussi vers des obligations perçues comme plus risquées, à savoir celles émises par les états européens. Il s’agit là d’un arbitrage classique qui traduit l’éloignement des craintes de voir la zone euro imploser et les pays la composant faire défaut.

 

Une baisse structurelle

 

Cela serait pourtant une erreur de croire que le marché obligataire ne subira ainsi qu’une consolidation passagère. Depuis de trop nombreuses années, les banques centrales abreuvent les investisseurs de liquidités. Le dernier épisode de la crise les a incitées à aller encore plus loin qu’auparavant : la Réserve fédérale a opéré des programmes d’assouplissement quantitatif tandis que la Banque centrale européenne (BCE) a mis en place des opérations de refinancement exceptionnelles auprès des banques et racheté des obligations publiques sur le marché secondaire. Le monde croule aujourd’hui sous les liquidités. Cette abondance artificielle a eu pour effet de faire reculer les taux à des niveaux extrêmement faibles et tout aussi factices. Après trente ans de hausse du marché obligataire, il s’agit en quelque sorte d’une fin en apothéose. Au cours des prochaines années, nous allons payer le prix de cette folie. L’inflation va s’accélérer et rendre inévitable le mouvement inverse : la hausse des taux. Pour l’instant, les banques centrales n’agissent pas encore bien que l’inflation tutoie les 3 % aux états-Unis et dépasse allégrement le fameux cap des 2 % en Europe (2,7 %). Ce n’est toutefois pas étonnant puisque leur politique visait tout autant à calmer les craintes des investisseurs qu’à relancer la hausse des prix, c’est-à-dire l’érosion monétaire, qu’ils perçoivent comme un atout dans la lutte contre l’excès de dettes publiques. Cet immobilisme ne durera qu’un temps. Avec une inflation à 3 %, 4 % puis 5 %, les banques centrales américaines et européennes seront contraintes de relever leurs taux, tout en essayant, il est vrai, de maintenir des rendements réels négatifs. Ce mouvement peut aujourd’hui être anticipé dans vos investissements.

 

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