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La Fed, ce poulet sans tête (rédigé le 25/09/2013)

L’économie est entrée dans une nouvelle phase. La recherche des équilibres, d’une meilleure allocation des ressources ou autres sujets centraux de cette science sociale basée sur la rareté ne devrait plus occuper que quelques universitaires désœuvrés, lesquels n’auraient pas compris qu’il suffit d’imprimer des billets à foison pour que tout aille bien. C’est ainsi que la Réserve fédérale agit depuis maintenant plusieurs années et sa volonté de prolonger cette politique a été favorablement accueillie par les investisseurs. Nous ne reviendrons pas sur les conséquences à moyen/long terme de tels actes (mauvaises allocations, investissements non-pertinents, absence de signaux suite à l’émergence de « faux prix », création de bulle, hausse des prix, etc.) et préférons souligner en quoi la décision de la Fed constitue une mauvaise nouvelle.

 

Un diagnostic négatif

 

Quel a été le diagnostic établi par la banque centrale américaine à même de justifier que rien ne change et que l’établissement continue de racheter 85 Mds $ de titres obligataires par mois pour des taux d’intérêt toujours au plus bas ? Alors que Ben Bernanke indiquait avant l’été que l’économie américaine était en passe de devenir « suffisamment vigoureuse » pour supporter un premier virage en termes de politique monétaire, ce dernier a finalement déclaré vouloir « attendre davantage de preuves de reprise ». Plusieurs explications sont venues étayer ce propos et en premier lieu, celle que nous qualifierons de « statistique ». La croissance du Produit intérieur brut (PIB), la consommation a rencontré des difficultés comme en témoignant les récentes données des ventes de détail tandis que les créations d’emplois décélèrent (150 000 postes sur les trois derniers mois contre 200 000 en début d’année). De fait et pour résumer, les marchés se félicitent d’une situation économique très moyenne. Cela n’est pas nouveau depuis que l’attention des observateurs s’est focalisée sur la Réserve fédérale. Mais peut-on se réjouir que, sur ce point, rien ne change ? Par ailleurs, la Fed s’est inquiétée, tel un pompier pyromane, des conséquences d’un arrêt ou tout du moins d’un ralentissement de ses injections de liquidités. Ainsi, le discours du mois de mai de Bernanke avait entraîné une nette baisse des marchés ainsi qu’une hausse des emprunts hypothécaires et des obligations d’Etat. Cette nervosité a visiblement effrayé celui qui fera bientôt ses adieux à l’institution et voulait, sans aucun doute, terminer son mandat « en beauté » et non comme le déclencheur d’un possible krach obligataire...

 

Assouplissements quantitatifs : quels résultats ?

 

Ces éléments ayant été rappelés, nous ne pouvons faire l’impasse sur cette question : comment se comporterait l’économie américaine sans le traitement que lui inflige la Réserve fédérale ? La situation serait-elle pire ? Meilleure ? Il n’est évidemment pas possible d’y répondre de manière tranchée. Mais certains éléments doivent malgré tout être appréciés à leur juste valeur. Ainsi et alors que le taux d’emploi de la population active dépassait les 63 % en 2007 (source : Département du Travail), celui-ci a plongé pour évoluer à l’horizontal et dans la zone des 58 % entre 2009 et aujourd’hui, malgré l’adoption des programmes QE1, puis QE2 et enfin QE3. Aucun signe d’amélioration n’est donc à noter. Et, comme certains commentateurs, nous ne pouvons qu’en venir à la question suivante : où est passé cet argent ?

 

Un monde en vase clos

 

Le monde de la finance semble vivre en vase clos. Rassurez-vous, nous ne verserons pas tout à coup dans cette forme de populisme qui consiste à voir la finance comme l’ennemi des peuples et d’une certaine économie que l’on qualifierait un peu vite de « réelle ». En fait, il semblerait que cette dernière ne voit désormais pas plus loin que ses résultats trimestriels. Les injections massives de liquidités n’ont d’ailleurs et finalement enrichi que les banques qui bénéficient de ressources quasi gratuites, lesquelles ont été placées sans grand recul sur des supports rémunérateurs (obligations de pays émergents, etc.) pour des gains presque assurés.

 

La Fed a accordé un sursis inespéré aux marchés et ne sait guère comment se sortir du piège qu’elle s’est elle-même tendue. Nous continuons de fait de rester très prudents (liquidités à environ 50 % de vos avoirs logés en Bourse).


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