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Etats-Unis : quelle croissance ? (rédigé le 09/02/2016)

Les signaux envoyés par l’économie américaine restent contradictoires depuis maintenant plusieurs mois. Les craintes des investisseurs s’amplifient, ce qui se traduit par un net fléchissement des Bourses mondiales. Il est vrai que par deux fois, en 2014 et 2015, les attentes ont été déçues. Le PIB du pays a ainsi progressé de 2,4% sur ces deux exercices, soit un niveau inférieur à celui de sa croissance dite «potentielle». Les Etats-Unis n’ont ainsi pas été en mesure d’entraîner le reste du monde. Alors que le soutien de la Fed se fait désormais plus discret (l’institution est même allée jusqu’à relever ses taux d’intérêt en décembre), les intervenants ont été contraints d’ouvrir les yeux. Quitte à tout voir en noir.

 

Un 4ème trimestre décevant en termes de croissance...

 

Chute des prix pétroliers et renforcement du dollar ont pesé sur la croissance aux Etats-Unis qui a fortement ralenti au dernier trimestre 2015. D’octobre à décembre, le PIB américain a progressé de 0,7% en rythme annualisé et en données corrigées des variations saisonnières contre 2% au 3ème trimestre, selon la première estimation rendue publique par le Département du Commerce. Le consensus ressortait à +0,9%, mais pour un écart-type particulièrement élevé qui témoigne des difficultés actuelles des prévisionnistes. En détail et si les dépenses de consommation ont plutôt résisté (+2,2% contre +3% à la période précédente), les investissements des entreprises (dans le rouge depuis maintenant deux trimestres) et le commerce extérieur (la faute à la force du billet vert) ont fait grise mine. Le secteur de l’extraction d’hydrocarbures accusait le coup puisque ses investissements se sont littéralement effondrés de 38,7%. Après avoir dynamisé la croissance, l’exploitation du gaz de schiste la pénalise désormais. Cette statistique décevante ne constitue pas pour autant une surprise.

 

En effet, depuis maintenant plusieurs mois, les mauvais chiffres se succèdent. Les indices d’activité du PMI (manufacturier et services) fléchissent, tout en restant au-dessus de la barre des 50 pts qui sépare expansion et contraction de l’activité. Les ventes de détail ont également déçu, comme la production industrielle. Et certains analystes d’évoquer une entrée en récession de la 1ère économie mondiale.

 

... mais un marché du travail qui reste bien orienté

 

Ce tableau n’est toutefois pas totalement monochrome. Car pour se rassurer, ou bien pour se garder de tout excès, nombreux sont ceux qui mettent l’accent sur la baisse continue du taux de chômage et le niveau toujours conséquent des créations d’emplois. Les chiffres publiés vendredi dernier faisaient ainsi état de 150 000 créations de postes en janvier (soit un niveau inférieur aux attentes) mais pour un taux de chômage sous les 5% (une première depuis 2008) à 4,9%. Mieux encore, la part des Américains ayant un emploi a atteint un sommet depuis la crise pour une participation au marché du travail (62,7%) qui poursuit son redressement. Enfin, les salaires ont montré des signes de redémarrage avec une hausse de 2,5% sur une année. L’économie reste solide, affirment ainsi sur cette base une part non-négligeables d’économistes.

 

La Fed, appelée au secours

 

Les Cassandres comme les plus optimistes, dont le nombre est actuellement très partagé, se tournent tous dans la même direction selon un réflexe très pavlovien. Que va faire la Fed, s’interrogent-ils ? Comme tenu des éléments vus plus haut et de la nervosité des marchés financiers, la Réserve fédérale va devoir agir, estiment les intervenants. Sa prochaine réunion est prévue pour la mi-mars et personne n’ose plus évoquer une nouvelle remontée des taux à cette occasion. Mais que va dire Janet Yellen à cette occasion ? Cette dernière est plus que jamais attendue : après avoir caressé les marchés dans le sens du poil pendant de très et trop longs mois, le resserrement monétaire de décembre est désormais perçu comme une lourde erreur. Avant ce rendez-vous vu comme très lointain, la Présidente de la Fed sera auditionnée cette semaine par le Congrès. Elle devrait donner quelques indications à même de rassurer les places financières. Mais y parviendra-t-elle ?

 

Comme nous l’annoncions en début d’année (voir PU # 2693), la locomotive mondiale va difficilement pouvoir tenir son rang. Pour avoir trop tardé à remonter les taux, la Fed ne dispose désormais que de trop maigres munitions. Certains évoquent ainsi la mise en place d’un nouveau programme d’assouplissement quantitatif («QE4») et nous ne pouvons leur donner totalement tort, sans toutefois légitimer de tels actes. Comment sortir du piège des taux bas et des injections de liquidités ? Personne n’a encore trouvé la solution. Et les marchés commencent à s’en soucier.


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