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Les enseignements des résultats (rédigé le 25/08/2010) (rédigé le 25/08/2010)

(25/08/2010) La coupure estivale aura été marquée, comme tous les ans, par les publications de résultats du 2ème trimestre. Globalement supérieures aux attentes, ces dernières ont eu, dans un premier temps, un impact positif. Puis les investisseurs se sont mis, de nouveau, à broyer du noir en pensant à l’avenir.

Les bénéfices publiés par les entreprises au titre du 2ème trimestre 2010 ont constitué un bon cru. Aux États-Unis, la croissance moyenne des profits est ainsi ressortie à + 38,4 % sur un an. En ce qui concerne les sociétés composant le Standard & Poor’s 500, 75 % d’entre elles ont dépassé le consensus des analystes, à comparer à une moyenne historique de 62 %. La dynamique était d’ailleurs si forte sur la seconde partie du 1er semestre que certaines entreprises du secteur de la haute technologie ont été en mesure de battre les prévisions établies au titre du 3ème trimestre 2010 !

En France, et alors que les trois-quarts des groupes composant l’indice CAC 40 ont dévoilé leurs comptes, la tendance est également positive : la masse des profits semestriels est deux fois supérieure à ce qu’elle était sur la même période en 2009. Si les réductions de coûts et les suppressions d’emplois réalisées au cours des pires mois de la crise ont permis d’alimenter la croissance, le redressement de la demande, notamment en provenance des pays émergents, a également constitué un facteur de soutien. Il faut ainsi souligner que 76 % des entreprises américaines et 73 % de leurs homologues européennes sont parvenues à enregistrer une hausse de leur chiffre d’affaires. Il s’agit là d’un tournant qui était attendu de longue date sur les marchés.

Dans ce contexte, les premiers résultats dévoilés par les sociétés ont été salués par une hausse des marchés. Au fil des jours, les anticipations des analystes pour les résultats restant à publier se sont toutefois faites de plus en plus élevées, ce qui a mécaniquement réduit l’impact positif des résultats annoncés. Sur la fin, le ratio des entreprises dépassant les estimations était ainsi retombé à 66 %. La dégradation des données macroéconomiques américaines a également freiné l’enthousiasme des opérateurs. Alors que l’effet de base sera moins favorable au cours du 2nd semestre 2010, nombre d’opérateurs se sont mis à craindre la décélération de la croissance et un possible reflux des profits dès 2011. Et ce en dépit des déclarations plutôt confiantes des dirigeants dans l’industrie, le luxe ou encore la banque. Baudoin Prot, le directeur général de BNP Paribas, n’a ainsi pas hésiter à exclure toute rechute de l’économie et à évoquer au contraire un retournement de la conjoncture. Les investisseurs craignent en réalité que les marges élevées des entreprises (8,9 % en moyenne sur le Standard & Poor’s 500, contre 6,2 % un an plus tôt) ne soient pas tenables. Pourtant, et si les sociétés exposées directement à la consommation des ménages pourraient effectivement souffrir quelque peu dans les mois à venir, deux tendances majeures et positives sont ressorties de ces publications trimestrielles : les entreprises ont des liquidités abondantes qu’elles comptent utiliser pour opérer des acquisitions et accroître leurs versements de dividendes.

À partir de la mi-août, les opérateurs n’ont plus véritablement cherché à interpréter les résultats des entreprises. Ils se sont en revanche concentrés sur les données macroéconomiques moins favorables. Sur les niveaux actuels, ils semblent anticiper un net recul des bénéfices. Nous n’y croyons pas.

 

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