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Crise : le mouvement se poursuit (rédigé le 14/09/2011)

Les marchés n’auront donc finalement connu aucune accalmie ces derniers jours, comme vous le lirez à la une du Propos Utiles n° 2484. Les indices ont continué de s’enfoncer alors que les valeurs financières emmenaient le mouvement. Comme nous l’avons évoqué, la problématique qui nous occupe actuellement n’a guère évolué : ralentissement économique global et crise de la dette souveraine constituent les deux éléments perturbateurs. Et si le premier d’entre eux a été quelque peu occulté cette semaine (le plan Obama pour l’emploi, dernier avatar de la pensée keynésienne, a été très mal accueilli par les marchés), c’est parce que la situation de la zone euro devenait chaque jour plus explosive.

 

Vers la faillite de la grèce

 

Le défaut de paiement de la Grèce semble plus que jamais faire partie des hypothèses fortes en ce début du mois de septembre. Les dirigeants allemands et néerlandais ont d’ailleurs exprimé ce point de vue en des termes analogues. Début 2010 (voir PU n° 2403), nous évoquions déjà le sujet de la manière suivante : « en ce début d’année 2010, les convictions sont encore légion. L’une d’entre elles est la suivante : ‘ les Etats ne font jamais faillite ’. Vraiment ? ». Dès lors et dans l’optique d’une faillite de la Grèce (voilà qui n’est plus qu’une question de jours), plusieurs questions se posent. La Grèce doit-elle sortir de la zone euro (cette décision ne peut être prise qu’à son initiative selon les traités en vigueur) ? Quelles seront les conséquences d’un défaut grec et/ou d’une sortie du pays de la zone euro sur les économies les plus fragiles de la région, à savoir le Portugal, l’Espagne, l’Italie et la France ? Comment l’euro survivrait-il à une contagion de la crise à plusieurs pays de la zone ? Peut-on envisager la mise en place de deux zones monétaires parallèles, une pour les « fourmis » du nord de l’Europe et l’autre pour les « cigales » du sud ?

 

Les questions sont nombreuses et les réponses absentes. Ainsi, les ministres des Finances du G7 se sont dits « déterminés ». Ils n’ont pourtant fait aucune annonce, se contentant de promettre « une réponse internationale forte et coordonnée ». Voilà qui est évidemment à la hauteur de la situation... Il semblerait donc que les politiques n’aient toujours pas pris conscience du contexte actuel et des risques qui pèsent sur la stabilité de l’économie occidentale. Peut-être espèrent-ils l’arrivée d’un sauveur de type deus ex machina ? Des rumeurs, démenties aussitôt par d’autres bruits de salles de marché, laissent entendre que la Chine pourrait se porter acquéreur d’obligations italiennes ? Alors face à cette inaction, comment espérer un rebond durable ?

 

Banques : dans l’œil du cyclone

 

Comme nous l’avons vu, les établissements bancaires emmènent la baisse des marchés. La dégringolade de BNP Paribas, Société Générale, Natixis et Crédit Agricole est en tout point inédite. Les investisseurs doutent de la capacité des établissements financiers à résister à la crise actuelle. L’impact même d’un défaut grec ne semble d’ailleurs pas devoir être connu, comme nous l’évoquions la semaine passée compte tenu des valorisations retenues. Et que dire des engagements considérés comme du hors bilan ? Selon le Wall Street Journal, BNP Paribas ne serait d’ailleurs plus en mesure de se financer en dollars. Des tensions se font jour sur le marché interbancaire tandis que le Fonds monétaire international (FMI) appelait dernièrement les banques européennes à lever de nouveaux capitaux. Dans l’hypothèse d’un choc souverain, 38 banques auraient besoin de 30 Mds € à 92 Mds € de capitaux, indiquait Goldman Sachs. Mais certaines estimations vont plus loin... L’idée qui pourrait germer est celle d’une nationalisation provisoire des établissements bancaires. Ainsi en France, la capitalisation des quatre grandes banques ressort à 58,8 Mds € (cours au 13/09/2011). Une prise de participation majoritaire de l’Etat coûterait 29,4 Mds €... Mais serait-ce vraiment là la solution ?

 

En dernier ressort, les établissements financiers seront nationalisés, ce qui permettra de garantir les dépôts des particuliers. Si la crise venait à s’amplifier, les assurance-vies (fonds en euros) logées en titres souverains européens se trouveraient fortement impactées. Veillez donc à réduire votre exposition sur ce type de véhicule pour éviter toute surprise désagréable. Pour ce qui est des banques, notre exposition reste des plus réduites (voir PU n° 2483, page 5).


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