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Chute des marchés : et maintenant ? (rédigé le 07/02/2018)

Dans notre numéro « Spécial Stratégie 2018 » paru mi-janvier, nous estimions que la volatilité allait réveiller les opérateurs. «La faiblesse historique du Vix, lequel reflète la volatilité implicite du S&P 500 mais est couramment perçu comme ‘l’indice de la peur’, est appelée à disparaître dans un environnement où les politiques monétaires vont opérer une volte-face», écrivions-nous. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour assister à ce douloureux réveil. 

 

Cette semaine, la remontée des taux d’intérêt aux Etats-Unis, et dans une moindre mesure en Europe, a dans un premier temps généré des crispations. N’oubliez pas en effet que le niveau du loyer de l’argent constitue une donnée essentielle pour la valorisation des entreprises cotées. Plus les taux sont élevés, plus les ratios de valorisation sont compressés. Or, après des années marquées par une politique monétaire extraordinairement laxiste, les ratios sont historiquement élevés. Et leur sensibilité à la remontée des taux est logiquement d’autant plus grande.

 

Au cours de la semaine, la publication d’une hausse des salaires supérieure aux attentes aux Etats-Unis a provoqué une réaction épidermique : craignant un retour inattendu de l’inflation, les investisseurs ont brusquement vendu les obligations comme les actions. Le mot «inflation» a servi de détonateur. Dans notre stratégie annuelle, nous avions d’ailleurs identifié la faiblesse des anticipations inflationnistes comme un risque. Quant au baril de poudre, il était là depuis longtemps, alimenté par la confiance irrationnelle des opérateurs.

 

La volatilité, qui avait déjà tendance à remonter, s’est envolée, provoquant une véritable panique. Il est utile de rappeler ici qu’il est possible de parier sur la hausse ou la baisse de la volatilité. Depuis que les banques centrales soutiennent la hausse des cours et veillent au grain, de plus en plus d’investisseurs, convaincus que les arbres sont finalement capables de monter jusqu’au ciel, ont eu pour idée de vendre la volatilité à découvert pour accroître le rendement de leurs placements. Des trackers ont même été créés pour appliquer cette stratégie et leur succès a été phénoménal, même auprès des particuliers américains. Avec l’envolée de la volatilité consécutive aux tensions générées par les craintes sur les taux d’intérêt, tout ce petit monde a pris « une claque » et s’est précipité vers l’étroite porte de sortie, en même temps. Le Xiv, qui n’est autre que l’inverse du Vix, a chuté de plus de 80% en quelques heures.

 

Maintenant, nous allons voir comment vont réagir les fonds gérés via des algorithmes (lesquels n’ont jusqu’ici fait leur preuve que dans un marché calme et peu volatil) et les investisseurs convertis à la gestion passive (qui n’ont plus aucune idée de la valorisation des actifs qu’ils détiennent). Le risque est de voir la volatilité alimenter le courant vendeur dans des proportions incontrôlables, notamment sur les valeurs les plus représentées dans les fonds indiciels. Ceux qui ont achetés «parce que ça monte» risquent de vendre «parce que ça baisse» sans se soucier de la qualité des actifs sous-jacents ou des valorisations. Depuis plusieurs mois, nombre de gestionnaires se veulent rassurants, affirmant «cette fois, c’est différent». Comme si la nature humaine pouvait changer grâce à la planification des banques centrales... Non, ce n’est pas différent des précédentes bulles. L’élastique qui relie les cours à la réalité était trop tendu, et parfois même sur des actifs qualifiés de « fonds de portefeuille» (voir notre avertissement de la semaine passée sur le Dow Jones).

 

Que faire désormais ? Si vous nous avez suivi dans nos conseils, vous avez multiplié les ventes/allégements pour concrétiser des gains (deux fois plus de ventes que d’achats en 2017) et accru votre poche de liquidités à hauteur de 50% de votre portefeuille. Dès lors, vous pouvez être détendu puisque vous avez les moyens de manœuvrer au gré des futures vagues de volatilité. D’ores et déjà, nous avons commencé à [...]

 

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