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"Biotechs" françaises : le trou d'air (rédigé le 26/10/2016)

Que se passe-t-il sur les grandes valeurs de la biotechnologie française ? Les cours sont très mal orientés pour AB Science, Genfit et Cellectis, lesquelles pèsent chacune entre 400 M € et 600 M €. Alors que le compartiment américain des biotechs est parvenu à mettre un terme, dès le mois de mars, à la sanction qui lui était infligée par les investisseurs, son homologue français a toutes les peines du monde à trouver un plancher. L’historique de la cote française a semble-t-il fini par lasser certains opérateurs.

 

Il manque une dose de concret

 

Aux Etats-Unis, le débat (quelque peu artificiel) sur le niveau des prix des médicaments a provoqué une correction des valorisations du secteur. Puis, des investisseurs sont revenus à l’achat pour saisir des opportunités. Selon eux, ces valeurs affichent désormais des ratios de valorisation inférieurs à ceux des grands laboratoires pharmaceutiques pour des perspectives de croissance qui restent pourtant supérieures. Leur rentabilité serait également un atout. Enfin, nombre de « biotechs » américaines demeurent des cibles potentielles pour les poids lourds de la santé.

De notre côté de l’Atlantique, ces éléments ne jouent pas en faveur des valeurs de biotechnologie. Pour commencer, celles-ci ne génèrent pas de bénéfices tandis que leurs revenus sont symboliques. Les ratios de valorisation les plus simples ne peuvent donc s’appliquer, ce qui réduit leur attrait. Leur capitalisation représente essentiellement le prix que le marché est prêt à payer pour un produit en développement et dont le potentiel reste théorique pendant de longues années. Alors que la cote française est riche de « biotechs » depuis le début des années 2000, il est d’ailleurs frappant de constater qu’aucune n’est encore parvenue à atteindre une taille critique. Pas une entreprise hexagonale du secteur ne réalise plus de 100 M € de chiffre d’affaires...

 

Toujours plus de capitaux

 

Lors des introductions en Bourse, les dirigeants des « biotechs » mettent en avant d’incroyables perspectives de croissance. A les écouter, leur société sera en effet en mesure de capter 20 %, 30 %, voire 50 % d’un marché estimé à plusieurs milliards d’euros. Malheureusement, le durcissement de la réglementation, le coût croissant de la recherche et les inévitables déceptions les rattrapent vite. Beaucoup de sociétés viennent alors à manquer de liquidités, ce qui les amène à opérer des augmentations de capital pour prolonger l’aventure ou à s’allier ponctuellement avec de grands laboratoires. Dans le premier cas, les actionnaires sont dilués tandis que dans le second, la société perd la maîtrise de son produit et donc une large part des retombées financières qui y sont associées. Même la perspective d’une réussite scientifique peut peser sur le cours : les investisseurs craignent alors que la « biotech » lève des fonds pour financer la commercialisation. Pour l’heure, ce compartiment français a donc été incapable de démontrer qu’il pouvait créer de la valeur, ce qui, dans le contexte actuel, est mal perçu. Les investisseurs privilégient en effet les grandes capitalisations offrant un rendement et une visibilité en termes de revenus. Un profil à l’exact opposé de celui des « biotechs ».

 

Les deux augmentations de capital lancées par Genfit en moins de huit mois ont considérablement affecté l’image du secteur. L’impatience pointe chez les actionnaires, qu’ils soient gérants de fonds ou particuliers. 


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