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Des excès baissiers (rédigé le 30/09/2015)

Le marché boursier a toujours été fait d’excès «haussiers» ou «baissiers». Lorsqu’il s’agit d’investissement, l’irrationalité l’emporte bien plus souvent que ne veulent l’admettre les opérateurs, les gestionnaires et les banquiers. Pourtant, ce phénomène fait partie du jeu. Mieux encore, les mouvements excessifs sont souvent générateurs d’opportunités. Ceux qui se refusent à l’admettre, et voient dans la seule tendance du marché la direction à suivre, ne sont plus là pour nous conter leurs exploits. Voici quelques mois encore, les investisseurs achetaient ainsi tout et n’importe quoi pourvu que certains mots-clés, tels que «Chine», «réseaux sociaux», «haute-technologie» ou encore «pays émergents» soient présents. Aujourd’hui, la peur l’emporte dans beaucoup de domaines. La nécessité pour certains de récupérer des fonds ou de «se refaire» en «spéculant» à la baisse dans le sillage des hedge funds alimente un impressionnant courant vendeur. Dans ce contexte, il convient de prendre du recul et de replacer ces mouvements dans une perspective d’investissement, c’est-à-dire au-delà du court terme et sur la base de données fondamentales.

 

Des secteurs mis au ban

 

A l’heure actuelle, le secteur pétrolier, voire même énergétique, est particulièrement maltraité en Bourse. Le raisonnement des intervenants est simple : «l’or noir baisse, vendez tout le compartiment». Les grandes compagnies pétrolières n’ont plus la cote auprès des gérants, au point d’afficher des rendements aberrants au regard de la faiblesse actuelle des taux d’intérêt. Total rapporte ainsi plus de 6 % par an, Royal Dutch Shell près de 8 %. Un record en vingt ans ! L’une et l’autre ont en outre affirmé vouloir maintenir ce niveau de distribution. Doit-on pour autant les croire ? Au cours des soixante dernières années, le secteur a en tous les cas toujours choisi de préserver l’actionnaire. Imaginez donc que la dernière baisse du dividende de Royal Dutch Shell remonte à 1945... D’un côté, le marché se bat donc pour obtenir un rendement de 0 % à 2 % sur des obligations illiquides, de l’autre il fait la moue devant des sociétés rentables et distribuant plus de huit fois le taux du Livret A... Si les grandes compagnies sont maltraitées, que dire des petites et moyennes capitalisations du secteur ? Le marché continue de vendre ces titres comme s’il venait de découvrir la chute du pétrole. Sauf qu’entre-temps, les fondamentaux évoluent vite, avec notamment un retournement à la baisse de la production américaine et même une légère remontée des prix du baril. Les valorisations affichées (0,27 fois le chiffre d’affaires estimé pour Vallourec, 0,28 pour CGG) intègrent pourtant un cours du pétrole durablement bas, comme si la cyclicité caractéristique du secteur s’était envolée, par magie. Or, la première conséquence de la chute des investissements sera justement de faire remonter les cours puis les investissements... Du déjà vu.

 

Le compartiment minier est également jeté aux orties. Sous prétexte que le «super-cycle» des matières premières est révolu, la mode est au matraquage des cours. Là encore, les opérateurs ne cherchent pas à trier le bon grain de l’ivraie ou à se projeter au-delà du court terme. Ces groupes ont pourtant une capacité d’adaptation comme l’a démontré Rio Tinto.

 

Autre thème détesté par les opérateurs : le Brésil. Tout ce qui touche de près ou de loin au pays des cariocas est massivement vendu. Le cours de Casino a quasiment été divisé par deux en six mois quand celui d’Edenred a perdu 37 %. Ce dernier est revenu à quelques encablures de son cours d’introduction... Enfin, un nouveau secteur a rejoint la liste des «damnés» : l’automobile. Le scandale Volkswagen a provoqué une dégringolade généralisée là encore sans grande distinction.

 

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