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Les agences de notation : forcément coupables... (rédigé le 20/07/2011)

Les gouvernements de la zone euro ne parviennent pas à s’entendre sur les modalités d’un nouveau plan d’actions à même de sauver la Grèce du défaut de paiement. Celui-ci est à notre sens inéluctable, comme nous l’avons dit et répété depuis maintenant plusieurs mois (voir récemment PU n° 2477, page 10). Les tergiversations vont donc bon train alors que les réunions des ministres des Finances se succèdent, sans prise en compte de l’urgence de la situation et ce en dépit du dernier « épisode italien ». Face à ce mélange d’incrédulité et d’inefficacité, c’est comme un seul homme que les dirigeants politiques de la zone euro ont réclamé la création d’une agence de notation européenne et « indépendante ». Inutile de rappeler que Fitch est détenue à 60 % par la société française Fimalac, il est bien plus aisé de jeter en pâtures les agences anglo-saxonnes dont on se demande si elles ne sont pas « coupables, forcément coupables » du fait même de la nationalité de leurs capitaux. L’opinion publique, consciencieusement laissée dans l’ignorance pour tout ce qui a trait à l’économie, exige des responsables. Les hommes politiques leur en donne un tout trouvé : la finance anglo-saxonne. Aliam vitam, alio mores : il y a plusieurs dizaines d’années, le cosmopolitisme ou la finance apatride aurait été accusé... Certes, les agences de notation, tout comme les bureaux d’analyses financières, ont la fâcheuse tendance à réagir avec retard, à consacrer les réussites plutôt que de les anticiper et donc à sanctionner les échecs une fois ceux-ci annoncés. Il ne s’agit donc pas ici de défendre mordicus ces agences de notation mais de rappeler ce qu’elles sont : un thermomètre nécessaire, une source d’informations pour les investisseurs, quels qu’ils soient, et disons-le, une sorte de contre-pouvoir. Nos gouvernants, qui appellent de leurs vœux la création d’une agence « indépendante », comprendre publique, ont assimilé ce dernier point. Les Etats européens souhaiteraient être les seuls à pouvoir juger de l’efficacité de leurs politiques économiques et de leur situation financière. Nul doute qu’ils se montreraient particulièrement indulgents... La création d’une agence de notation européenne à capitaux publiques n’a donc qu’une vocation : permettre à nos gouvernants de poursuivre leur politique de dépenses irraisonnées.

 

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